Aperçu des sections

  • Informations générales sur le module

    Le présent cours viseàfaire acquérir aux étudiants l’aptitudeàanalyser les dimensions sociologiques du phénomène touristique.

    Objectif général

    Faire réfléchir les étudiants sur les dimensions sociales, culturelles et politiques du tourisme.

    Objectifs spécifiques

    Àl’issue de cet enseignement, l’étudiant devra

    -     Comprendre les enjeux de la Sociologie du tourisme ;

    - Maitriser de façon globale les problématiques de développement liées àl’activité touristique dans toutes ses dimensions socioculturelles ;

    - Être capable d’élaborer et de mettreen œuvre des stratégies de développement local durable ;

    - Être capable d’accompagner et d’évaluer les projets touristiques de développement.

     

    PLAN DU COURS

    INTRODUCTION :

    ✓ Le tourisme un nouvel objet pour la sociologie CHAPITRE I : Approches notionnelles

    ✓ La psychologie✓ La sociologie

    ✓ La psychosociologie✓ Le tourisme

    ✓ Le touriste

    ✓ Le produit touristique

     


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    CHAPITRE II : Les différents acteurs du secteur touristique

    ✓ Les touristes

    ✓ Les associations

    ✓ Les professionnels

    ✓ Les pouvoirs publics

    CHAPITRE III : Le tourisme : un outil de développement économique

    - Importance du tourisme dans l’économie sénégalaise - Un outil de développement économique,

    -     Un enjeu politique.

    CHAPITRE IV : Tourisme et changement social (Impact du tourisme au plan socio- culturel)

    ✓ L’émergence du tourismeàtravers son contexte✓ Problématique sociologique du tourisme

    ✓ Classification  des  motivations  des  différents  acteurs  du  secteur  touristique  et  des besoins touristiques (La différenciation des pratiques touristiques)

    ➢ Le tourisme des occidentaux : de la quête de l’autreàla rencontre avec soi➢ Les touristes non occidentaux : la quête de la modernité

    ✓ Impact du tourisme au plan socioculturel, - Un cadre d’échange et de brassage des peuples

    - Un moyen d’expansion et d’affirmation de la culture occidentale (un lieu d’expression desécarts entre les classes sociales et des inégalités entre le Nord et le Sud)

    ✓ Tourisme et conditions d’existence et de bien-être des populations locales✓ Tourisme et valeurs locales

    ✓ Les controverses sur les effets du tourisme

    ✓ Les effets du tourisme sur les collectivités émettrices

    ✓ Les stratégies compensatrices et les perspectives positives du tourisme✓ Les stratégies d’harmonisation des rapports de la rencontre

    ✓ Inter culturation entre cultures locales et cultures occidentales

     

    CONCLUSION ET PERSPECTIVES

    ✓ Les perspectives pour un tourisme différent ou alternatif

    ✓ Quel type de tourisme pour le développement local durable ?

     

    Contact :

    Abdoul Wahab CISSÉ, + (221) 776342970 ; abdoul-wahab.cisse@ugb.edu.sn

  • INTRODUCTION

    •     Objectifs spécifiques

    - Rappeler les conditions d’émergence et les différentes étapes du tourisme au Sénégal

    -     Identifier le tourisme comme un nouvel objet d’étude pour la Sociologie

     

    •     Contenu

    Jusqu’à une période récente, on pensait que l’introductionmassive de nouvelles technologies pouvait faire développer un pays. Dans la même perspective, on croyaitégalement que le développement d’un pays allait être boosté par la croissanceéconomiqueàl’image de ce qui s’était passé en Occident. Ainsi, pendant longtemps, les occidentaux ont développé l’idée selon laquelle l’Afrique noire ne peut entrer dans la modernité qu’en construisantàl’identique leur modèle relatifàl’Etat-Nation.

    C’est  pourquoi,  aussitôt  après  l’accession  de  certains  Etatsàla  souveraineténationale,les NationsUnies ont initiéàleur endroitdes politiquesde développement dont les objectifs consistaientàpromouvoir le secteur industriel.

    Ce faisant, les stratégies déployées tournaient autour de l’acquisition d’infrastructureslourdes et l’installationde grosses unitésàforte intensitéde capital dans ces pays. C’est ce qui explique que le Sénégal était devenu l’un des pays les plus industrialisés de l’Afrique de l’Ouest.

    Pour dérouler ces stratégies, l’Etat sénégalais avait choisi de mettre en place une économie mixte qui tend à favoriser un équilibre entre public et privé en conservant  des  fonctions  importantes  dans  l’appareil  productif  et  un  large  pouvoir d’orientation s’est alors manifesté par la création d’un ensemble d’établissements publics et parapublics.

    Toutefois, la faiblesse de la production nationale a conduitàune plus grande dépendance extérieure.Les industriesse limitaientessentiellementaux domaines des

     


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    mines, huileries,conserveries, engrais, textiles,usines de décorticage d’arachide et de riz et au complexe sucrier au moment où la demande sociale sortait de loin du cadre très restreint de ces secteurs.

    L’industrie était également frappée par une concentration économique et géographique car  les  grandes  entreprises  occupaient  92%  des  investissements,  80% des  employés  et  Dakar  abritaitàla  fois  88%  des  entreprises  et  80%  des  employés. Aussi, à ces déséquilibres s’ajoutaient une faiblesse des investissements et le caractère douteux des orientations.

    Au regard de ce bilan négatif marqué par un constat de non efficience des politiques, les autorités gouvernementales ont, avec l’appui des institutions internationalesde BretonWoods, notammentle Fonds MonétaireInternational(FMI) et la Banque Mondiale (BM), entrepris une série de réformes politiques et administratives ayant pour objectif primordial de briser le carcan entourant l’industrie sénégalaise.

    Du reste, en définissantles Nouvelles PolitiquesIndustrielles(NPI), on a voulu corriger  la  faiblesse  des  capitaux  et  l’échec  de  l’intervention  de  l’Etatàtravers  son désengagement et la libéralisation du secteur industriel au moyen de la dotation de conditions aptes à générer plus de compétitivité par le biais d’une réduction substantielle des dépenses de l’Etat sénégalais et ses investissements publics.

    Hélas,àl’instarde tous les programmes de développement, les NPI ont suscitéplus de frustrations que de réussites car les certitudes développantes et réformistes nées de leur application au niveau économique se sont vite dissipées faceàl’ampleur des contraintes.

    Au vu de cette situation renforcée par une crise économique mondiale vers les années 1970 engendrée par plusieursfacteurs dont le retournementde la conjoncture mondiale avec les chocs pétroliers, la crise des phosphates et de l’arachide mais aussi

     


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    le  prolongement  de  sécheresses  très  aigues  suite  au  cumul  de  plusieurs  années  de pluies  déficitaires  en  Afrique  au  Sud  du Sahara,  le  Sénégal  avait  senti  le  besoin  et l’urgence de s’orienter vers de nouveaux pôles stratégiques de développement.

    Conscient de ses potentialités géographiques et naturelles, culturelles et sociales,  le  pays  s’est  fixé  par  conséquent  comme  objectif  de  faire  du  tourisme  une

    option primordiale de développement.

    En effet, de par sa position géographique, le Sénégal joue un rôle important en Afrique et dans le monde. C’est une plaque tournante sur les routes aériennes et maritimes.Cette position privilégiée,conjuguéeàla longue durée de l’ensoleillement, la variété de sa faune et de sa flore, la richesse de ses traditions populaires, en font une terre de prédilection pour le tourisme. Le Sénégal est aussi un carrefour humain

    où langues, religions, et traditions n’ont cessé de se croiser.

    Tous  ces  facteurs  combinés  ont  permis  au  tourisme,  depuis  1974  jusqu’à  nos jours, d’occuper la deuxième position au niveau des recettes brutes derrière la pêche et devant l’arachide et les phosphates jusque-là considérés comme principaux leviers d’une économie condamnéeàse diversifier.

    Ce secteur aux potentialitésinépuisables a ainsi contribuéàréguler la balance des paiements. Un enjeu qui explique donc tout l’intérêt que l’Etat accorde au tourisme. Dès lors, il adopte une politique plus volontariste matérialisée par les passages suivants :

    Cette présente analyse  permet  de constater que  différentes  phases  ont  marquél’évolution du secteur depuis 1970. Toutàcommencer en :

    décembre  1970  jusqu’en  avril  1979  où  on  parlait  de  Délégation  Générale  au Tourisme ;

    avril 1979- avril 1983 : Secrétariat général au tourisme avril 1983-janvier 1986 : Ministre délégué au Tourisme

     


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    janvier 1986-mars 1990 : Ministre du Tourisme

    mars 1990-avril 1991 : Ministère du Tourisme et de la Protection de la Nature avril 1991-juin 1993 : Ministre du Tourisme et de l’environnement

    juin 1993-avril 2000 : Ministre du Tourisme et des Transports aériens avril 2000-mai 2001 : Ministre du Tourisme

    mai 2001-août 2001 : Ministre de la Culture, du Tourisme et des loisirs août 2001-avril 2004 : Ministre du Tourisme et des Transports aériens juin 2007-décembre 2007 : Ministre de l’Artisanat et du Tourisme

    décembre 2007-avril2008 : Ministrede l’Artisanatdes Sénégalais de l’intérieur et de l’extérieur

    avril 2008-avril 2012 : Ministre de l’artisanat, du Tourisme et des relations avec le secteur et le secteur informel

    avril 2012-décembre 2013 : Ministre de la Culture et du Tourisme

    décembre 2013–juin 2015 : Ministère du Tourisme et des Transports Aériens.

    C’est seulementàpartir de 1986 que le tourisme a finalementétéérigé en département. A partir de ce moment, l’émergence de plusieurs structures d’encadrementàl’image de la Société Financière Sénégalaise pour le Développement de l’Industrie du Tourisme (SOFISEDIT) se justifiait alors aisément.

    Défini comme l’ensemble des déplacements humains sur une certaine distance dans le cadre d’une activité de loisir, le tourisme dont le développement aétérendu splendide grâce au concours de plusieurs facteurs d’ordre économique, social, technique et politique, devient un phénomène mondial s’affichant sur les différentes palettes de la vie en société. A ce titre, reprenant l’expression de Marcel MAUSS, le tourismepeut être considéré comme un«faitsocialtotal»caractérisantla civilisation des loisirs.

     

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    Aujourd’hui,il fait partiedes industriesles plus florissantesou prospères dans le commerce international. Pour cela, au moment où certains appréhendent le tourisme comme une nouvelle forme de domination ou une nouvelle version de l’impérialisme occidental, d’autres le saisissent comme un excellent instrument pour le  développement  des  nations.  Voilà  pourquoi,  les  économistes  l’ont  très  tôt  investi afin d’analyser son impact sur la recette ou le P.I.B des pays.

    Au-delà, la psychosociologie se donne la mission de réfléchirsur les dimensions psychologiques, sociales, culturelles et politiques du tourisme en partant du contexte historique de  l’émergence  dudit phénomène.  Aussi, cette  discipline s’intéresse-t-elle sur les motivations et les valeurs qui sontàla base du développement touristique et, dont les effets socioculturels sont différemment ressentis du point de vue des sociétésémettrices et des communautés d’accueil.

    • CHAPITRE I : APPROCHES NOTIONNELLES

      •     Objectifs spécifiques

      -     Éclairer certaines notions

      -     Développer la compréhension étymologique sur la psychosociologie du tourisme

      •     Contenu

      La psychosociologie du tourisme est un domaine d’investigation scientifique dont la compréhension et la pertinence doivent être d’abord ramenéesàl’éclairage de certaines notions comme la psychologie, la sociologie et le tourisme. Le jumelage des deux premières disciplinescrée une branche spéciale appelée la psychosociologie dans les sciences sociales et, qui peut se donner comme objet d’étude, le phénomène touristique dont le développement ne cesse de poser des défis à la communautéscientifique. Dans ce chapitre, pour ce faire, nous aborderons touràtour les notions de psychologie et de sociologie pour développer la compréhension étymologique sur la psychosociologie avant d’en veniràla définitiondu tourismecomme un champ d’étude de cette discipline.

      I.1 : La psychologie

      La  psychologie  est  la  science  qui  se  donne  comme  objet  l’étude  du  psychisme humain. En portant ses travaux sur l’individu, la psychologie appréhende les fonctions sensitives comme la perception, les motivations,la cognition, c’est-à-dire les fonctions intellectives, la personnalité et les fonctions de l’esprit. Toutefois, nous reconnaissons que la psychologien’apas encore clos le débat sur son objet d’étude au sujet duquel les controverses ouvrent la voieàun émiettement de la discipline tant sur le plan théorique que méthodologique.

       


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      I.2 : La sociologie


      Àl’opposé de la psychologie qui étudie les phénomènes psychiques, c’est-à-dire ce qui relève de la subjectivité humaine, la sociologie quant à elle, s’occupe de l’intelligibilitédes phénomènes sociaux se caractérisantselon EmileDURKHEIMpar l’extériorité, la coercition et l’objectivité. Considérée comme la mère des sciences car s’intéressant à un objet aussi vieux que l’humanité selon Auguste COMTE, la sociologie prend naissance dans un contexte de grands bouleversements. Cela correspond à une profonde structuration de la société occidentale opérant une transition  traduisant la dislocation des valeurs traditionnelles laissant  placeàun phénomène nouveau, à savoir, la modernité qui sera à la base du progrès des phénomènes comme le tourisme.

      Dès lors, des hommes se donnent le projet scientifique d’accompagner le développement de ce nouveau monde en cherchantàcomprendre comment une sociétése tientet évolue-elle ?  Comment l’ordre politiques’impose-t-il ?  Qu’est-ce qui estàla base  des  actions  individuelles  et  collectives  dans  une  communauté  donnée ?  Toutes ces interrogations des fondateurs de la sociologie n’ont qu’une seule finalité,àsavoir, comprendre la société moderne en tâchant de la guérir des maux dont elle souffre en vue de restaurerl’ordre social distinguédorénavantcomme fondement du progrès. La sociologie ainsi échafaudée, se constitue pour apporter des réponsesàces questions.

      En sachant que ces aspects de la vie en société impliquent des dimensions psychologiques et pour combler à présent la distance qui sépare les sciences de l’homme et de la société, un pont de médiation est jeté entre la psychologie et la sociologie. Ceci part de l’idée selon laquelle, l’homme est un tout différent de la matière et de l’atome. Dès lors, la sociologie s’ouvreàla psychologie. Et delà, prend naissance la  psychosociologie  qui  viseàtranscender  la  frontière scientifique entre l’individuel et le collectif, entre le subjectif et l’objectif présentant un caractère général.

       


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      I.3 : La psychosociologie

      La psychosociologie se donne comme objectif d’étudier les fondements psychologiques des phénomènes sociaux, la socialisation et la formation de la personnalité. Dans ce sens, certains utilisent l’expression de«psychologiesociale»àla place de la psychosociologie et, abordent les domaines portant sur l’interaction, les influences, les relations entre les individus, les groupes et la dynamique de la constructiondes personnalités singulières comme champ d’investigationscientifique.

      Pour cela, Jean-Pierre CITEAU montre que la psychosociologie : «tendàcomprendreetàexpliquercommentlespensées,lessentiments,lescomportements moteurs des êtres humains sont influencés par un autrui réel, imaginaire ou implicite»1. Cette démarche permet de comprendre les processus d’influence et d’imitation  en  ce  sens  qu’il  est  possible  de  saisir  comment  une  activité  auparavant réservéeàla classe des aristocrates, arriveàprésentàêtre généraliséeàl’échelle de

      l’humanitéàtraversles interactionssociales. Ceci fut, dans le contexte du 19ème siècle en Occident, l’exemple du tourisme.

      C’est en ce sens que la psychologie et la sociologie s’épousent pour fonder une discipline  dans  une  perspective  de  construire  un  accord  scientifique  qui  transcende les dichotomies classiques entre individu et société en partant de l’idée selon laquelle le tourisme constitue un fait social total. De là, prend naissance la psychosociologie que G.N FISCHERdéfinitcomme étant«lasciencequiétudielesconduiteshumaines etlesphénomènessociauxcommedesprocessusrelationnelsàl’intérieurdesquelsle psychologiqueetlecollectifsontindissociables;defaçonplusprécise,elleconsidère chaqueindividudanssaréalitéd’êtresocialetelleanalyseses conduitesentant qu’elless’exprimentàtraversdesformesdiversesderelationsdéterminéespardes niveauxdefonctionnementdontl’influence,lareprésentationetlacommunication

       


      1F. ALLPORT. Cité par Jean-Pierre CITEAU et Brigitte ENELHARDT-BITRAN. Introductionàla psychosociologie Paris : Armand Colin, 1999. P.16.


       


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      sont les plus marquantes»2. Cette définition montre la pertinence de la psychosociologieàtous les niveaux du développement du tourisme saisi sous cet angle, comme produitdu comportementhumaindont la genèse peut être appréhendée selon le contexte.

      I.4 : Le tourisme

      Le tourisme comme invention culturelle occidentale

      Au fil du temps, les premières manifestations touristiques avaient étéconstatées dans l’antiquité. Cela correspondait aux déplacements des fidèles vers lesédifices religieux ou vers les sanctuaires. C’est une époque durant laquelle la ferveur religieuse battait son plein et se traduisait par l’exaltation du culte. Mais, au fur etàmesure que le poids du religieux perdait son importance voire son acuité dans la vie publique, la tendance aux voyages persiste et reste une activité à laquelle se consacrent les écrivains et les hommes d’affaires. Néanmoins, durant cette période, l’on ne  pouvait pas  parler du  tourisme  au  sens  propre dans  la  mesure  où  c’est au tournant du 18ème et 19ème siècle que le phénomène touristique s’identifie et s’intensifie réellement en Europe Occidentale.

      D’origine anglaise au départ, la première acception du tourisme renvoyaitàla grande  tour  que  les  jeunes  aristocrates  faisaient  en  Europe  de  l’Ouest  et  dans  une certaine partie du Moyen Orient. Cela portait sur des voyages à signification initiatique,sur les besoins de découvertes des peuples en Europe dont les civilisations sont riches d’enseignements historiques comme ce fut le cas des Grecs, les Romains et les Israelites ayant connu des mœurs qui suscitent des curiosités et des plaisirsàcaractère exotiques.

      Dans l’ampleur du phénomène, certains comme Thomas COOK, un pasteur batiste mercantiliste(1808-1892), y flairaitl’arôme des affaires et le goût du profitqui permettra le développement d’une entreprise florissante. Ce religieux protestant mu

       


      2 G.N. Fischer. La Psychologie sociale. Seuil, coll. Essais. Paris, 1997, p.29.

       


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      par ce que Max WEBER appelle«l’éthiquecalvinisteetl’espritducapitalisme», s’empare dès 1841 de cette activitéqu’il organise de façon fructueuse ou opportune en tâchant de faciliter le voyage des fidèles assoiffés de spiritualité et d’esthétique antique. La réussite de ces affaires dans ces voyages lui permet de créer une agence de voyage qui répond aux exigences wébériennes d’une bureaucratie moderne et s’adapteàune  nouvelle  appréhension  du  temps  dont  la  construction  sociale  va,  de façon directe ou indirecte, influencer l’essor du tourisme.

      Au sens large, le tourisme peut être considéré comme l’ensemble des mouvements ayant trait au déplacement des personnes sur une certaine distance et pour une durée supérieureà24 heures dans le cadre d’une activité de loisir.

      I.5 : Le touriste

      Comme nous l’avons vu, le tourisme est un champ difficileàappréhender. Les débats autour de la définition du«touriste»sont significatifs de cette difficulté.

      «Est considéré comme touriste, toute personne se déplaçant hors de son environnementhabituelpouruneduréed’aumoinsd’unenuitéeetpourdesmotifs nonliésàuneactivitérémunéréedanslelieuvisité».

      I.6 : Le produit touristique

      Le tourismen’est pas une industriecomme les autres car le produitn’existe pas en tant que tel. Il s’agit d’amalgame dans un même concept où on retrouve différentséléments hétéroclites qui, de par leur nature, n’ont absolument rienàfaire entre eux mais qui peuvent devenir des objets de consommation touristiquepar cela même qu’ils sont promisàcette fin.

      Le produit touristique est le résultat d’une pratique symbiotique qui combine plusieurs ingrédients : services (hébergement, restauration, transport, récréation),

      objets    culturels  (folklore,  fêtes,    patrimoines,  monuments), particularités

       

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      géographiques (sites, paysages) et beaucoup d’autres éléments moins palpables tels que l’hospitalité, l’ambiance et la stabilité politique.

      Ainsi, pour commercialiser un site touristique et lui donner ses chances dans un marché concurrentiel,il luifaut un label de qualité,une marque d’originequi porte la signature de son originalité. Cela veut dire dans une logique promotionnelle, chaque localité est invitéeàproduire, affirmer et afficher une identité propre.

      • CHAPITRE II : LES CONTROVERSES SUR LES EFFETS DU TOURISME

        • Objectif spécifique - Analyser les arguments des deux camps opposés • Contenu Le tourisme est porteur de développement et peut faciliter aussi la compréhension entre les peuples. Mais il ne présente pas que des avantages et l’on se demande de plus en plus si le développement d’une industrie touristique est rentable pour les sociétés d’accueil. En effet, pour évaluer l’intérêt du tourisme, nous avons pris conscience de la nécessité de tenir compte non seulement des données économiques mais également des données immatérielles comme les effets sur la société, les perturbations introduites dans les modes de vie et les systèmes de valeur des sociétés d’accueil et la culture locale. Dans cette perspective, certains experts avancent quels que soient les avantages économiques du tourisme : « il faut réviser complètement les termes de l’échange entre les pays occidentaux industrialisés émetteurs de tourisme et les pays récepteurs en voie d’industrialisation »3. D’ailleurs, ils vont jusqu’à taxer le tourisme de « néocolonialisme de l’espace », « d’impérialisme culturel ». Certains pensent : « le tourisme méritent les encouragements des gouvernements et que si ces conséquences politiques, économiques et culturels ne sont pas toujours positives, il est toutefois possible d’y remédier »4. D’autres encore ayant une position plus sage estiment : « le tourisme est comme le feu. Il peut faire bouillir votre marmite ou incendier votre maison »5. 3P. PY., 1992, Le tourisme : un phénomène économique, Paris, La Documentation française, p. 9. 4P. PY, 1992, ibidem, p.11. 5P. PY, 1992, idem., p.11. INSTITUT DE FORMATION OUVERTE ET A DISTANCE (IFOAD) Nonobstant les difficultés existantes dans un secteur aussi hétérogène que le tourisme, les différentes positions soulèvent d’une part, l’importance du tourisme comme pouvant être source de développement et d’autre part, ses effets pervers comme agents perturbateurs au niveau social et culturel.

        • CHAPITRE III : LE TOURISME : UN OUTIL DE DÉVELOPPEMENTÉCONOMIQUE

          •     Objectif spécifique

          -     Comprendre la place et le rôle du tourisme dans le développement local

          •     Contenu


          Tourisme et emploi

          Il s’agit ici de parler du tourisme comme facteur de création d’emplois, des relations entre tourisme, population.

          Il faut reconnaîtreque l’un des avantages le plus évident et le plus directement lié au secteur du tourismeest la création d’emplois et la possibilitépour les habitants d’accroître leurs revenus et leur niveau de vie.

          Lorsque le développement du tourisme se fait progressivement, la plupart des emplois créés dès le début sont occupés par les gens du voisinage. La populationlocale est  considérée,  en  général,  comme  la  première  bénéficiaire  des  emplois  créés  par le tourismeet plus particulièrementpar les jeunes et les femmes. Nous remarquonspar- là que le tourisme crée, non seulement, des emplois pour une des tranches de la population(jeunes, femmes) que l’on considère comme très sensible, mais il peut aussiêtre considéré une solution en ce qui concerne le phénomène de l’exode rural.

          Par contre, il n’est pas exclu que des migrants puissent former une portion importante  de  la  main  d’œuvre  locale  dans  le  secteur  touristique,  surtout  quand  le flot  des  touristes  grossit  et  que  des  installations  institutionnalisées  ou  de  masse  se développent. A première vue, deux catégories semblent avoir profitéparticulièrement des possibilités d’emplois procurées par  le tourisme : les jeunes et  les  femmes.  En effet, selon Emmanuel DE KADT : «Sidansbeaucoupdesociétéstraditionnellesles relations entre les générations étaient strictement hiérarchiséeset que cette

           


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          hiérarchisationétaitrenforcéeparladépendancefinancièredesjeunesenversla générationdesparents,ilsembleraitquel’accroissementdespossibilitésd’emploiet degaindiminuecettedépendanceetnepeutqu’éprouverlesrelationsfamiliales»6. Autant dire que la dépendance financière apportée par le tourisme en faveur des jeunes et des femmes peut amener des conflits au sein des cellules familiales.En toutétat de cause, il faut reconnaître que les opportunités offertes (emplois) aux femmes par le tourisme ont des effets libérateurs pour elles comme pour les jeunes.

          Tourisme, conditions d’existence et de bien-être des populations locales Comment les conditions d’existence des populations locales peuvent-elles être

          affectées par le tourisme ? Par l’expression conditions d’existence, le sociologue Allemand Max WEBER disait, il y a déjà plus d’un demi-siècle :«C’estlapossibilitéd’atteindrepourlesindividusaucoursdeleurvieuneséried’objectifs(longévité, santé,emploiagréable,considérationparl’entourage)etdebénéficierd’unegamme d’avantagesetderessources(revenus,instructiondesenfants,logements,sécuritésociale) ».

          En effet, l’activité touristique implique d’abord la réalisation d’importantes infrastructuresde base comme les routes, les ponts de liaison,les équipements relatifsàl’installation de l’eau courante, de l’électricité, du téléphone.

          Son développement ne peut également se faire sans système de transportfiable. Autrement dit,àl’intérieur d’un site touristique, la voirie doit pratiquement être en bon état et différents types de moyens de déplacements doivent y être aussi observés allant des calèches jusqu’aux bus climatisés en passant par les taxis et les cars.

           

           

           

           

           

           

           


          6 E .DE KADT, 1979, Tourisme passeport pour le développement : regard sur les effets culturels et sociaux du tourisme dans les pays en développement, Paris, Economica, p.43.


           


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          De même, s’il dispose d’un aéroport, il doit faire l’objet de certains aménagements afin de lui permettre de recevoir des vols directs, notamment des cargos et charters en provenance des pays émetteurs de touristes.

          D’autre  part,  l’implantation  du  tourisme  dans  des  zones,  notamment  rurales peut favoriser la création d’infrastructures d’utilité collective telles que l’école, le dispensaire, les marchés, les mosquées, les églises, etc. Ex : La constructionde l’école de Saly keur Joseph aétéentièrementfinancée par un touristeSuisse du même nom.

          Ces infrastructuressont parfois l’œuvre de certains touristesappartenantàdes associations philanthropiques (Amour de l’humanité, personne qui s’emploie àaméliorer le sort matériel et moral de tous les hommes/Misanthropie) qui, en dehors de ces équipements, fournissent également des vêtements, des médicaments, du matériel scolaire ou sportif qui sont fréquemment envoyés dans les villages.

          Il  y a aussi  les  associations  humanitaires  ainsi  que  les  fonds  d’aide  qui  sont constitués par des touristes et qui luttent constamment pour l’amélioration des conditions de vie des populations autochtones. C’est le cas de«Maisonsdouces», une association humanitaire qui œuvre pour le bien-être des populations de Saly et par- delà même de la Petite Côte en général.

          Toutefois, il faudra noter que ces œuvres ne sont réalisées que par les touristes qui sont en contact direct avec la population et qui connaissent les réalités qu’elle vit

          Tourisme et consommation locale

          DE KADTrevientsur un point aussi important : les effets que le tourismepeut avoir sur la consommation locale. Pour lui, en effet, le tourisme fait sentir non seulement ses effets sur les ressources des habitantsmais il influeégalement sur leur bien-être et leur consommation. En ce sens, il affirme : «le développement du tourismedansunelocalitépeutengendrerlararéfactiondecertainsarticlesoffertsà

           


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          lapopulationlocale,mêmes’ilenexiste,leursprixaugmenteront»7 . Il poursuit toujours dans cette logique en soulignant : « les effets du tourisme sur la consommationlocalenebénéficientqued’unaspectpluspositif,l’intérêtmanifestépar les touristes pour les manifestations artistiques, les monuments, les sites naturels,lademanded’œuvresartistiquesetartisanaleslocalespourrontaideràla surviedecesactivitésquiprofiteraaussiauxconsommateursducruqu’auxtouristes etauxfabricants»8.

          Toujours dans le domaine des effets du tourisme, il semblerait que les avantages affectent quelque part les structures de classe. Selon NORONHA, les gens du tourisme occupent généralement des postes dont les perspectives d’ascension sociale  sont  inexistantes.  Ici  donc,  nous  constatons  que  le  tourisme,  même  s’il  n’est pas la cause exclusive de ces phénomènes, il peut les favoriser et ceci peut être source de certains rapports conflictuels au sein d’une société.

          En parlant des rapports, nous allons passeràun domaine aussi important. Il s’agit de la rencontre entre touristes et habitants.

          La rencontre entre touristes et population locale

          Il s’agit ici d’évoquer les moments pendant lesquelles la  rencontre entre les touristes et les habitants se fait généralement. Celle-ci se passe àdes occasions précises. Selon DE KADT,elle se produit : «lorsqueletouristeachèteàl’habitantdes biensoudesservices;lorsqueletouristeetl’habitantsecôtoient,parexemplesur uneplageouàunspectacledecabaret;enfin,lorsquelesdeuxacteursserencontrent pouréchangerdesrenseignementsoudesidées»9.

           

           

           


          7 E. DE KADT, 1979, op. cit, Paris, Economica, p. 44. 8 E. DE KADT, 1979, idem, Paris, Economica, p. 58.

          9 E. DE KADT, 1979, Op. cit., Paris, Economica, p. 69.

           


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          La majorité des auteurs pensent que le tourisme peut être un moyen pour l’entente internationale et pour s’ouvrir aux peuples. C’est principalementàcette troisièmeoccasion qu’ils font référence. Cette troisièmeoccasion de la rencontre entre touristes et habitants permet aux deux parties d’exposer, d’étaler les éléments de leurs cultures. C’est justement là qu’il peut y avoir dangers. En effet, de manière générale,àla rencontre de deux cultures ou deux peuples différents, soit l’un prend le dessus et influe sur l’autre, soit ily’a une disparition progressive - par copie- de l’un de deux. Contrairement à ce que l’on pense, c’est-à-dire la fréquence de la

          rencontre, NETTEKOVEN souligne que : «lesrencontresentreculturesaucoursde voyagestouristiquesseproduisentmoinsqu’onlecroitsouvent;quelesrencontres approfondiessontmoinsrecherchéesparlestouristesqu’onledit»10

          La rencontre entre touristes et habitants n’est pas toujours directe et ceci dépend en grande partie aux types de tourisme organisés. Le tourisme de masse par exemple, ou les pensionnaires sont généralement ensemble et suivent un programmeétabliàl’avance par les agences de voyages ou les centres hôteliers, ne favorise pas la rencontre et même si elle se produit, elle ne dure pas longtemps.

          Les résultatsd’une étude ont montré que les touristespour la plupartvenaient pour exclusivement l’environnement (spécialement pour le soleil, la plage, les palmiers, la mer) ; la civilisation, l’histoire, les gens, la société actuelle ne constituaientqu’une attractionsecondaire. Certainsd’entre eux disaientmêmequ’«il nefautpasquelesvacances ensoientdérangées», ceci pour montrer que c’est

          l’environnement qui prime sur les motifs de voyage des touristes. Ainsi, selon BOISSEVAIN et INGLOTT «laplupartdestouristesrestentrelativementoumême totalementignorantsdeshabitudes,modedevie,aspirationspolitiquesetproblèmes

           

           

           

           

           


          10 NETTEKOVEN, cité par E. DE KADT, 1979, Op. cit., Paris, Economica, p.60.

           


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          sociauxdesgensducru,aveclesquelsd’ailleursilsn’ontaucuncontactendehorsdes relationsdeservicessuperficielles»11.

          C’est  précisément  le  type  de  tourisme  qui  favorise  ou  non  la  rencontre  entre touristes et habitants. Concernant le tourisme de masse, les mêmes auteurs remarquent :«lestouristesaimentmieuxresterdansleurautocarclimatiséquese promener»12.La rencontre donc devient peu probable car tout aétéprogrammé dans les centres touristiques qui deviennent des enclaves isolant le touriste de

          l’environnement local et créant une sorte d’établissement total.

          Ce contact est facteur de changement de comportements et d’attitudes au sein de la population,d’oùla naissance d’effets comme l’augmentationde la consommation de boisson alcoolisée, de chanvre indien chez les jeunes.

          Contrairementàceux qui ramènentle niveau de la rencontre entre touristeset habitantsàun  degré  zéro,  certains,  comme  Pierre  FABRE,  présentent  le  tourisme comme «unmoyendeconnaissancemutuelleentrelespeuplesetdecompréhension réciproquedanslerespectdesdifférences»13.En ce sens, il convient de souligner que le tourismeest une activitéde service. En parlantde service, nous faisons référenceàun serveur qui est au service des autres sans en être le serviteur.Il est clair donc que les  gens  qui  sont  en  contact  direct  avec  les  touristes  sous  un  rapport  de  service  ne peuvent en aucun cas nier la position dominante de ces derniers dans la mesure oùles rôles ne sont pas réversibles. Ceci fait direàG. VERGNIOL : «letourisme,parla confrontationdirecteetrépétéequ’ilétablitentredesétrangersetdesnationaux,metànudefaçoncaricaturale,unerelationdedépendanceetdedomination»14. Ainsi, il

           

           

           

           


          11 BOISSEVAIN et INGLOTT, cité par E. DE KADT, 1979, Op. cit., Paris, Economica, p.51. 12 BOISSEVAIN et INGLOTT, cité par E. DE KADT, 1979, Op. cit., Paris, Economica, p.52.

          13  P. FABRE, 1979, Tourisme international et projets touristiques dans les pays en développement, Paris, Ministère de la coopération, p. 120.

          14 G.VERGNIOL, 1974, Les problèmes contemporains du tourisme en Afrique noire, p. 72.

           


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          pense que la confrontation touristes et populations locales est faussée par un ensemble de facteurs :

          •             d’une part, l’intérêt économique régit le comportement de l’autochtone ;

          • d’autrepart,le sentimentqu’on ne peut rien luirefuser contre de l’argent guide la conduite du visiteur; le visiteurest attirépar le pittoresquesans distinction,

          objets artisanaux, cérémonies religieuses, agilité du tisserand scène familiale, etc. Il montre  son  intérêt  par  une  curiosité  sans  limite  qui  ressemble  souventàun  sans- gène inconscient ; ce qui constitue un voyage hors de l’ordinaire pour le visiteur est vécu quotidiennement par le visité ; continuellement des groupes passants se comportent de la même façon15.

          A ce  titre, le  touriste ne  cherchequ’àconfirmer  l’image  qu’une  publicité bien faite lui a suggérée. Autrement, le soleil doit toujours briller et les gens doivent être sympathiques et hospitaliers.

          Le  problème  fondamental  de  la  confrontation  touristes-  habitants  du  cru est celui  du  tourisme  des  riches  chez  les  pauvres.  D’un  côté,  l’oisiveté  de  personnes  en vacances dont le pouvoir d’achat est élevé. De l’autre, la lutte pour la survie de personnes qui n’ont pas de vacances. Ces deux groupes économiquement si distants se rencontrent dans un lieu, l’un pour se divertir l’autre pour travailler.

          Selon MoustaphaFALL,cette situationmoralementchoquante peut engendrer deux effets :

          -l’avantage économique qu’en tirent les nationaux ;

          - la confrontation culturelle fructueuse qui peut s’en dégager16.

          S’il est vrai que le contact est réel, il parait aussi exact que les nationaux peuvent bénéficier d’un avantage économique au moment de la rencontre. Ainsi, si la

           


          15 G.VERGNIOL, 1974, Op. cit., p.142.

          16 M. FALL, cité par P. FABRE, Op. cit, p. 140.

           

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          confrontationculturellefructueuse peut prendre son envol, il n’en demeure pas moins que des effets pervers peuvent entacher la rencontre.

          Certaines  attitudes  peuvent  relever  de  l’absence  totale  de  considération  pour les  populations  locales  allant  jusqu’à  faire  croire  aux  touristes  que  tout  peut  êtreàleur portée au moment de leur séjour.

          • CHAPITRE IV : LE TOURISME : UN ELEMENT DESTABILISATEUR DE LA SOCIETE

            •     Objectif spécifique

            -     Analyser les aspects négatifs du tourisme sur la société

            •     Contenu

            Tourisme et valeurs locales

            Selon G. VERGINOL : «l’impactleplusvisiblequeletourismepeutpesersur lesvaleurstraditionnellesvientdecequecertainesrelationssocialesethumaines passentdanslemondeéconomique; elles deviennentunélément de ressources financières  indispensableàl’existence»17 . Cela fait simplement penser à une réduction économique du tourisme. Le contraste économique existant entre les touristes et la population locale est telle qu’il ne peut ne pas être perçu qu’avec une grande acuité par cette dernière.

            Ainsi,selon Raymond NORONHA,«l’incidencelaplusgravesurlesvaleursest que  le  tourisme  commercialise  les  relations  et  que  les  contacts  sans  contenuéconomique,deviennentmarginauxparrapportauxautres»18. Autrement dit, le touriste va véhiculer une culture où tout s’achète et où l’argent lui-même est un symbole. Il va trouver dans l’acte de dépenser la puissance et l’aisance qu’iln’apas durant l’année dans son pays. Il pensera pouvoir tout acheter, pouvoir tout


             

             


            17 G.VERGNIOL, 1974, Op. cit., p.143.

            18R. NORONHA, 1977, Dimensions sociales et culturelles du tourisme, Projet de rapportàla Banque mondiale, p.68.

             


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            consommer, tout regarder ou tout photographierdans la mesure où il est prêtàpayer. Le  touriste  réduit  donc  le  mondeàsa  poche.  A cet  égard,  Pierre  FABRE  affirme  :

            «oubliantalorsnombredevaleursdelasociététraditionnelle,lesrésidentsvont considérerlevisiteurcommeunhomooeconomicussouventméprisémaiségalement flatté»19. Pierre FABRE souligne ici les formes concrètes de cette réductionéconomique du tourisme. Pour lui donc,«lesautochtonesquivoientlesvisiteurs dépenserenunjourcequ’euxmettentsouventunmoisàgagnersontattirésparla facilitéavec laquelleilestpossibledegagnerenquelquesinstantsunpourboire représentantdesheuresdetravailacharnédanslesecteurtraditionnel»20.

            Cet aspect de la réduction économique du travail pourrait donc avoir des répercussions socio-économiques graves dans la mesure où «le  tourisme  peut détournerlespopulationsdeleurlabeurparcequepouvantgagnerfacilementde l’argent.Letourismedoncpeutcontribueràcréerunementalitéplusprochedel’essor individuel, voire de la mendicité que de la mobilisation des énergies pour une croissanceéconomique»21.

            Au total, Il est important de souligner que la plupart des auteurs sont tombés d’accord sur les aspects négatifs de la réductionéconomique du tourisme. A cet égard, Raymond NORONHA,àpartird’une étude réaliséeàBali,nous montre que «l’arrivée dutourismedemasseafaitquelesbiensetservicesquiétaientpartieintégrantede laviepersonnelleetsocialesontmaintenantcommercialisésetoffertscommedes produits»22.

             

             

             

             

             

             

             


            19 P. FABRE, Op. cit., p.141. 20 P. FABRE, ibid., p.141.

            21 P. FABRE, id., p.141.

            22 R. NORONHA, 1977, Op. cit.p.8O.

             


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            Les auteurs qui se sont occupé de la question sont tous d’avis que la commercialisation  est  une  novation  fondamentale  qui,  si  elle  n’est  pas  entièrement due au développement du tourisme, est accélérée du moins par ce développement touristique.

            Par ailleurs, il urge de noter que cet aspect de commercialisation du tourisme est du reste entretenupar des acteurs (touristeset habitants)toujours prêtsàdonner ce qui leur est propre. A cet égard, Abdel Wahab BOUHDIBAaffirmeque«sicertains genssontprêtsàpayerdesbiensetservicesetqued’autrespuissentlesfournir,un marchéetdesrelationscommercialess’établirontinévitablement»23. Le tourisme apporte donc des changements qui ne diffèrentpas d’autres formes de modernisation. D’ailleurs,  certaines  études  effectuées  attribuent  aussi  au  tourisme  le  changement dans la moralitéet les habitudessexuelles. Il semble donc que le tourismeest souvent cité comme facteur de perturbations des us et coutumes.

            Ainsi, selon S. BILLET, «lescoutumesàsignification,socialeprofondequi formentlatraditionn’intéressentlesvisiteursqueparleuraspectextérieur.Le contenusymboliqueenesttransformé:defacteurdecohésionsociale,latradition devientunplaisirludique»24. Cette dénaturation externe des pratiques sociales est perturbatriceàcause du nombre de visiteurs impliqués et du rythme imposé aux démonstrations ;  En  effet,  pour  BILLET,  «cerythmenerépondgénéralementplus auxbesoinsinternesdelasociétélocalemaisauxarrivagesdesgroupesentours

            organisés»25 . Petitàpetit,une partiedes coutumes va perdre sa significationsociale au profit d’un spectacle rémunérateur pour les acteurs, mais galvaudant des signes sociaux.

             

             

             


            23A. W. BOUHDIBA, 1976, Impacts du tourisme sur les valeurs traditionnelles en Tunisie, Washington D.C., Etude commune UNESCO, Banque Mondiale p. 55.

            24 S. BILLET, 1975, Tourisme, l’envers du décor ou la fin des idées simples, Paris, Economica, p. 12. 25 S. BILLET, 1975, Op. cit., p.14.

             


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            Certains auteurs ont prétendu que la plupart des perturbations sociales culturellesengendrées par le tourismedans les pays en développement ont d’une part comme fondement une certaine fragilisationdes économies locales et d’autrepart,une certaine imitation des populations locales, d’un style de vie adopté par les touristes. A cet  égard,  DE  KADT  souligne  qu’aux  Seychelles  «lesjeunesfillesrecherchentle contactaveclestouristes(etaveclesblancstravaillantdansl’île)peutêtredans l’espoir d’un mariage prestigieux avec un étranger, peut-être dans l’espoir plusélémentaired’êtreamenéesdansuneboitedenuit,desefairepayerunverre,de recevoirdel’argentetdescadeauxetd’échapperneserait-ce qu’unmomentaux péniblesréalitésdel’existencedetouslesjours»26.

            Dans certaines zones du pays, avec la fragilisationéconomique qui a cours dans de nombreuses structures sociales, le tourisme offre souvent un terreau fertile au développement de la prostitution et de la criminalité dans la ville. Des études effectuéesàcet effet démontrentque le tourismeest un facteur de transformationdes valeurs sexuelles, impliquant même dès fois des enfants. Pour Jean Claude EUDE,«l’ampleuretlagravitédutourismesexuelimpliquantdes enfants,devientun phénomène de plus en plus croissant et une problématique pour l’industrie touristique»27. Pour lui, pour luttercontre l’exploitationsexuelle des enfants, il faut :

            «d’unepart,réduirelademande,encollaborationavecl’industrietouristiqueparla dissuasion; -d’une part, agir au niveau des sources de l’offre dans les pays de destination,partouslesmoyensadéquats»28.


             

             

             

             

             

             

             

             

             


            26 E. DE KADT, 1979, Op. cit, p. 63.

            27 J. C. EUDE, 1999, La lutte contre le tourisme impliquant des enfant , in Le Courrier, n 175, p. 61. 28 J. C. EUDE, Op. cit., p.61.

             


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            Tout  compte  fait,  il  ne  faut  pas  perdre  de  vue  que  le  tourisme  dans  certains domaines peut  apporter  des changements  favorables. Les  valeurs  locales y gagnent lorsque les touristes accordent du prix à des éléments de l’environnement qui passaient précédemment pour aller de soi.

            Si certains changements s’expliquent pour une large part par le contact direct avec les touristes, d’autres peuvent résulter du simple exemple, c’est-à-dire l’imitation. Il est des changements qui proviennent de la simple observation des touristes.  Ainsi,  l’effet  de  l’exemple  est  facilement  et  fréquemment  visible  dans  les habitudes  de  communication  qui  se  modifient  par  imitation  de  celles  des  touristes.

            BOUHDIBA le fait remarquer lorsqu’il écrit : «unballondeplage,uneserviettede bain,unbâtonderougeàlèvreouunepairedelunettesdesoleilreprésententune tentationetuneattitudeàgoutterdescharmesindirectsmaisencoredéfendusdela sociétédeconsommation»29.

            Àcet égard, nous pouvons signaler une fois de plus que le tourisme n’est que l’un des facteurs du changement. D’autres forces comme la radio, la télévision, la presse ou la publicité commerciale, sont assimilablesàl’effet de l’exemple. Lorsque les touristes riches côtoient les populations pauvres, il ne faut pas s’étonner d’attitudes négatives envers les touristes, de ressentiment en vue de leur richesse et

            de leur confort. Selon BOUHDIBA«letourismeétalelescomportementsd’unesociétédegaspillagesouslesyeuxd’unesociétédebesoin.Lefosséentrelessociétésriches etlessociétéspauvresn’estplus,dèslors,uneattraction,c’estuneréalitédetousles jours.»30.


             

             

             

             

             

             

             


            29A . W. BOUHDIBA, 1976, Op. cit., p. 126. 30 A. W. BOUHDIBA, 1976, Op. cit., p. 128.

             


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            Résumant  les  approches  qui ont  essayé  d’évaluer  l’impact  du tourisme sur  le développement d’une localité, nous remarquons qu’il existe deux courants distincts. Un courant qui considère le tourisme comme secteur régulateur dans les économies en développement en tant que source importante de devises, d’emplois et d’investissements.  Et  un  autre  courant  qui  considère  le  tourisme  comme  ayant  des effets négatifs sur le plan culturel et social.

            Sur le plan des arts et manifestations culturelles, J. FORSTER pense que«l’appétitaveugledestouristespourlessouvenirsetlarecherchedelacouleurlocale quiévacue l’espritcritiquesontdes causes dudéclindelaqualitéartistiqueet culturelledesobjetsfabriqués»31 . Dans le même ordre d’idées, GAVIRIA prétend :«qu’àpartirdumomentlaproductionartisanaleestsoumiseauxexigences du tourismedemasse,ellen’estplusquelafabricationdesimplessouvenirsquinesont pas nécessairement des objets de l’artisanat traditionnel»32. Contrairement àGAVIRIA, ANDRONICOU pense que : «le tourisme loin de conduireàune dégénérescencedesartsetdesobjetsartisanauxauraitcontribuéconservationetàleursurvie»33 . Il parled’«élandonnéàlarevitalisationdesmétiersartisanauxdont certainsétaientmoribonds»34. Et il ajoute que «sansledéveloppementdutourisme, plusieursdecesmétiersseseraientdéfinitivementéteints»35.

            Faceàtoutes ces observations relatives au rôle du tourisme sur les arts et métiers artisanaux,force est de constater que par un désir de satisfactiondes besoins des touristes,les arts peuvent perdre leur valeur du fait d’une certaine adaptabilitéàla demande touristique ; il est donc clair que cette demande touristique en matière

             


            31J. FORSTER, 1979, cité par DE KADT, Op. cit., p. 67.

            32 M. GAVIRIA, 1976,  L’industrie de masse en Espagne , Communication au cycle d’étude commune, UNESCO, Banque Mondiale sur les effets sociaux et culturels du tourisme, Washington D.C., p. 10.

            33 ANDRONICOU, 1977, cité par R. NORONHA, Op., cit. p. 29. 34 ANDRONICOU, 1977, cité par R. NORONHA, op, cit, p. 29. 35 ANDRONICOU, 1977, cité par R. NORONHA, idem, p. 29.

             


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            d’arts, de souvenirs, peut ne pas accorder assez d’attentionàla possibilitéde satisfaire les besoins des populations locales et de les impliquer réellement dans le développement des activités touristiques.

            Toutefois, il faut reconnaître que l’ambition première des politiques actuelles pour l’épanouissement du tourisme est l’implication des collectivités locales dans les activitéstouristiquesqui doit nécessairement être un gage pour un tourismedurable.

            Les effets négatifs du tourisme sur les collectivités réceptrices

            Cette situationn’est pas sans créer de problèmes au plan socioculturel.En effet, le tourisme est une activité dont les effets socio-économiques et culturels sont inséparables.  Il  met  en  relation  des  individus  issus  de  milieux  culturels  différents. L’activité touristique s’inscrit dans la logique du système capitaliste. De ce fait, elle apparaîtcomme un moyen de pénétrationdes modèles sociaux des pays émetteurs de touristes. Ainsi, la transformation progressive des structures sociales dans les pays d’accueil s’effectue inexorablement. De ce point de vue, François ASCHER soutient :

            " L’efficacitédutourismevientenpartiedufaitqueletourismeestenmêmetemps etaumêmelieuproductionetconsommation.Ildiffuseainsisimultanémentles rapportsdeproductionetdeconsommationdespaysindustrialisés"36.

            Avec leur potentiel touristique assez développé et la grande évolution de ce secteur dans le domaine socioculturel, les sites du pays sont aussi devenus un cadre privilégié dans lequel ont fait jour beaucoup d’effets pervers liés aux activités touristiques. Autrement, le tourisme est souvent cité comme étantàl’origine de nombreuses perturbationssociales et culturellesobservées dans ces localités. En effet, la présence des touristes a entrainé un choc culturel sur les populations autochtones

             

             

             

             


            36 François ASCHER. Les impacts socioculturels des sociétés transnationales de tourisme dans les pays en voie de développement. Paris :UNESCO. Division des études économiques. Septembre 1980.


             


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            parce  que  leurs  comportements  sont,àplusieurs  égards,  aux  antipodes  de  valeurs culturelles locales.

            D’après les constats faits, la montée en puissance de l’industrie touristique dans le pays a faitnaîtrede nombreuses tensions socioculturellesdans cette localité et beaucoup de changements sont intervenus aux niveaux des comportements et de l’identité de certains  habitants locaux par l’effet d’imitation qu’elle peut entrainer surtout chez la catégorie jeune. En réalité, cette activité a introduit de nouveaux modes d’agir, d’attitudes et de conduites tournés le plus souvent vers la recherche de l’argent facile. C’est dans ce sens qu’il faut situer et comprendre selon plusieurs enquêtés l’expansion grandissante de la prostitution, le développement de l’homosexualité, la progression fulgurante de la mendicité et de la pédophilie, la consommation de drogue qui constituent, sous ce rapport, autant d’exemplesédifiants.

            C’est  devenu  un  spectacle  insoutenable  que  de  voir  de  très  jeunes  personnes aux bras de personnes qui peuvent avoirl’âgede leurs grands-pères ou grand-mères selon le cas. Cette image est devenue d’une banalité déroutante dans les stations balnéaires où des jeunes gensàla musculature bien taillée se promènent au grand jour avec leur conquêted’âgetrès avancé.

            Certains jeunes sont devenus des homosexuels suiteàleur rencontre avec desétrangers qui viennent leur faire découvrir ces dérives sexuelles avec leur argent. Nous ne sommes pas contre les mariages mixtes s’ils sont scellés sur la base de l’amour. Mais il y a un problème quand visiblement l’argent est en jeu, avec des personnes de trop grandes différences d’âge. Le sexe devient de plus en plus la valeur de la destination touristique.

            Les émigrés utilisentaussi le même procédé ailleursen Europe, aux Etats-Unis pour s’assurer une bonne intégration.

             


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            Tous ces phénomènes qui guettent de manière générale les populations locales apparaissent dans bien des cas comme des facteurs de destruction de l'équilibre et de la cohésion des familles et des groupes sociaux. Or, de tels bouleversements et mutations qui participent très largementàune dégradation des valeurs socialeséthiques, morales de la culture locale.

            Dans ce " processus de larbinisation", selon les termes de Jacques BUGNICOURT, les modèles de référence de la société traditionnelle se trouvent généralement dépréciés. Or, les contraintes sociales ne doivent pas faire sauter nos valeurs de "ngor" (dignité), "soutoura" (pudeur), et de "ngëm"(foi).

            L’interventionne frise pas la xénophobie. Ce n’est pas non plus qu’on a peur de l’étranger. Seulement, il faut une société forte qui revienneàses valeurs.

            De même, les éléments culturels artistiques sont pervertis et seul ce qui peutêtre  vendu  se  développe.  C’est  ce  qui  fait  direàPierre  ROSSEL : " Letourismene laissesurvivrelaculturelocalequesouslaformed’unfolklorecommercialisableetde plusenplusfrelaté"37.

            Au Sénégal, les enquêtes menées par Isidore Mbaye DIENG et Jacques BUGNICOURT sur la perception des acteurs qui tournent autour du secteur touristique sont très édifiantes des conséquences d’un tel secteur sur la dégradation des mœurs. Ils citent les propos d’une femme qui reconnaît : " Jesuisunefemmede vieetjenelecachepoint.Jetraiteavectoutlemonde,touristeoupastouriste. L’essentielpourmoiestquemonclientmepaieassez.J’aiunprixquivarieentrecinq etdixmillefrancspourlesétrangersetentretroisetcinqmillefrancspourles Africains"38.

             

             

             

            37 Pierre ROSSEL. Tourisme et Tiers-Monde : un mariage blanc. Paris : Ed Favre, Collections CETIM. P. 71.

            38 Isidore Mbaye DIENG et Jacques BUGNICOURT. Les touristes vus par ceux qui les servent. Cité par BOUTILLIER. Dakar : ENDA-IDEP. 1978. P.136.

            • CHAPITREV : LE TOURISME, UN SECTEUR D’AVENIR

              Nous évoquons dans cette partie du tourisme comme secteur d’avenir, (tourisme et environnement, tourisme et technologies de l’information et de la communication (tic)).

              Tourisme et environnement

              L’Organisme  Mondial  du  Tourisme  prédit  que  le  tourisme  du  21ème siècle  ne sera pas seulement le premiersecteur d’activitéau monde, il sera et de loin le secteur le plus important que le monde n’ait jamais connu.

              Aujourd’hui donc, les pouvoirs locaux sont de plus en plus conscients de la nécessité de préserver l’environnementet ses caractéristiquespropres surtoutlorsque ces dernières sont perçues comme étant des éléments qui attirent les touristes. Ces pouvoirs locaux perçoivent donc le développement d’un tourisme durable essentiellement axé sur la création de parcs nationaux et de zones protégées, ce que l’on appelle«l’écotourisme»en vue de sauvegarder les espèces menacées de végétaux

              et d’animaux. En ce sens l’Eco Tourism Society définit l’écotourisme comme «un tourismequipréservelemilieunatureletlebien-êtredespopulationslocalesparune

              organisationresponsablesdesvoyages»39.

              Ainsi de l’avis général d’Emmanuel Koro et Ali, la protection de l’environnement et les avantages pour la collectivité locale sont un impératif pour un

              tourismedurable, et pour tendre vers cet idéal, l’éco-tourisme doit : «créerdel’emploi etdespossibilitésdeformationpourlesrésidentslocaux;Stimulerl’économielocale demanièredirecteparrapportderecettestouristiques(cetapportdoitavoiruneffet multiplicateur  en  donnant  une  impulsionàdes  activités  secondaires  tels  que l’approvisionnementalimentaire,letransportetlelogement,etenfavorisantdes


               

               


              39 L’Eco Tourism Society, 1999, in Le Courier, n°175, p. 53.

               


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              activitétraditionnellesinformellestellesquelesartsetartisanatslocaux);Veilleràsensibiliser les communautés d’accueil vis-à-vis de l’environnement et de sa conservation;Générerdesmontantssignificatifsendevisesétrangères»40.

              Dans le même ordre d’idées, la Mission Economique de Dakar, après avoir fait une  étude  sur  le  tourisme  intégré  et  l’éco-tourisme,  remarque  dans  ses  conclusions que : «l’évolutionpositivedel’éco-tourismeaugmentelesrevenusdespopulations locales,améliorelaqualitédevieetéviteladégradationdesmilieuxfragiles.D’une part,l’éco-tourismepeutaiderlapopulationlocaleàtrouverdutravailetunmarchépoursesproduitsagricolesetsonartisanat.D’autrepart,lesautoritésdelaprotection delanatureenattendantdesrecettespourfinaliserladiteprotection»41.

              C’est   en   fait Eduard J.  Ellis qui  a   vraiment souligné       l’importance    de

              l’environnement  pour  le  tourisme.  Ainsi,  pour  Ellis, «lesinitiativescherchentune intégrationsincèredestouristesauxpopulationsetauxlieuxqu’ilsvisitent,visentàétablirdes relationsentreleshabitants,leursfaçons devivretraditionnelleset nouvelles–l’environnementurbainetletourisme»42.

              Rémi BARRE, dans  son  ouvrage,  nous  met en  garde  quant à  l’impact de

              l’activité  touristique  sur  l’environnement.  Ainsi,  pour  lui,  «l’activitétourismepeut permettredanscertainscasunentretien,voireuneaméliorationdel’environnement maisaussietleplussouvent,ellepeutêtreàl’origined’impactsmajeursirréversibles surlemilieu,milieuquialorsdevenirimpropreautourismeainsid’ailleursqu’àd’autresactivités»43.Voilà donc l’importance de l’éco-tourisme, autrement dit de

              l’intégration entre la population locale, les touristes et l’environnement pour un tourisme durable. L’intégration de l’environnement dans les projets touristiques

               

               


              40 E. KORO et ali, 1999, «la chasse : forme ultime d’éco-tourisme », in Le Courier, n°175, p.53. 41 Ambassade de France, 2002, Document de la Mission Economique de Dakar, Septembre, p. 26.

              42 E. J. Ellis, 1979, cité par DE KADT, Op. cit., p. 74.

              43 R. BARRE, 1982, Les nouvelles frontières de l’environnement, Paris, Economica, p.96.

               


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              devient de nos jours une nécessité voire une obligation. Dans cette optique, les professionnels  du  tourisme  doivent  soutenir  des  initiatives  des  promoteurs  pour  le développement  de  l’éco-tourisme  et  mener  des  campagnes  de  sensibilisation  sur  les impacts environnementaux.

              Tourisme et technologies de l’information et de la communication (TIC)

              Le développement des technologies de l’information et de la communication (TIC) a de nos jours engendré une révolution des économies dans leur ensemble. L’information est devenue indispensable dans l’évolution des sociétés et deséconomies. En ce sens, le tourisme va nécessairement subir l’impact de la restructurationdes économies par suite de la révolutiontechnologique. Ainsi,selon le Dr Dimitrios BUHALIS, «lestechnologiesdel’informationpermettentdedonnerdesélémentspersonnalisésd’informationetdemarketing,parfaitementadaptésaux besoinsparticuliersdechaquetouriste»44.

              Ces technologies sont aujourd’hui le principal facteur d’adéquation entre la demande  et  l’offre  touristique  et  de  simplification  du  fonctionnement  de  ce  secteur d’activité. Il ressort donc que les TIC ont révolutionné l’industrie touristique et sont devenues incontournables dans la croissance et la compétitivité au sein du secteur. A l’heure où la demande et l’offre s’accélèrent dans ce domaine, et où la disponibilité de données joue un rôle dans la promotion et la coordination des activités touristiques, les TIC apparaissent comme partenaires obligatoires de l’industrie touristique. Queça soit du côté de la demande ou de l’offre, le besoin des TIC est une prioritéau vu du développement fulgurantdu secteur touristique. A ce titre,le Dr DimitriosBUHALIS

              fait remarquer «lestechnologiesdel’informationrépondentaudésirduclientde pouvoir accéder à des informations transparentes et aisément comparables,


               

               

               


              44 D. BUHALIS, 1999,«Les technologies de l’information : outil stratégique pour un tourisme durable », In Le Courrier, Op. cit, p. 55.


               


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              concernanttouteunesériededestinations,deprogrammesdevacances,deservices enmatièredetransport,delogementetd’activitésdeloisirsetdeprix»45

              Les demandeurs se trouvent donc dans une situation où la qualité est incontestablement  prioritaire  et  ceci  joue  un  rôle  important  dans  la  complexité  des entreprises touristiques au niveau de l’offre. Dans cet ordre d’idées, le Dr Dimitrios B. souligne toujours que «lesTICpermettentauxfournisseursdemaîtriser,de promouvoiretdevendreleursproduitssurl’ensembledelaplanètetoutenlesaidantàaccroître  leurs  taux  d’occupation  et de  charge, etàatténuer  les  effets  des fluctuationssaisonnièresdeleuractivité»46.

              Les TIC peuvent joueràcet égard un rôle dans la flexibilité en termes de fixationde prix. En quelque sorte, les TIC comme réseau d’informationpeuvent gérer et commercialiser durablement les destinations touristiques. En ce sens, on assisteàune prolifération des systèmes et des réseaux axés sur les destinations. Ainsi, selon Kenneth F HINE,«dessystèmesdegestiondeladestination(SGD)offrentdésormais, desinformationsexhaustivesetactualiséesconcernantunedestinationparticulière etfacilitedanslemêmetempslaréservationdesproduitstouristiquelocaux»47. Ces systèmes de gestion de la destination peuvent également selon Kenneth F. HINE«valoriserlagammedesdestinationsentermesdepromotionetdedestinationen assurantladiffusiond’informationsconcernantlesattractions,lesactivités,lesfêtes etlesmanifestationslocalestoutenfacilitantlesréservationsetlesventes»48.

              Plus clairement, il semble que ces systèmes informatiques sont devenus aujourd’hui une nécessité pour les industries touristiques. Ils peuvent en quelque

               

               

               

               

               


              45 D. BUHALIS, 1999, Op. cit, p. 56. 46 D. BUHALIS, 1999, Op. cit., p. 57.

              47 K. F. HINE,«Partenariat pour un tourisme durable », in Le Courrier, Op. cit., p. 59. 48K. F. HINE, Op. cit., p. 59.

               


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              sorte faire naître la compétitivité par le biais d’une différenciation et d’une personnalisation des produits, pour satisfaire individuellement les consommateurs.

              Concluantsur les impacts des TIC sur le tourisme,le Dr Dimitriosaffirmeque :

              «les technologies de l’information introduisent également plusieurs instruments novateurspourlagestionetleréaménagementdesressourceséconomiques,socio- culturellesetenvironnementalesdansuneperspectivededéveloppementsoutenable des régions»49. En ce sens, il apparaît que la compétitivité et la prospérité des industries touristiques vont dépendre en grande partie de ces systèmes et stratégies engendrés par la révolutiondes technologies de l’information. A cet égard, des travaux de l’OMT sur les SGD touristiques sont en train de transformer radicalement un réseau d’orientation du plan marketing prenant en compte l’apport des nouvelles technologies. Dans ses objectifs immédiats, une politique de notoriété suggère que :

              «sivotredestinationnefigurepassurleweb,ellerisqued’êtreignoréeparles millionsdepersonnesquiontaujourd’huil’accèsàInternetetquis’attendentàceque chaquedestinationaituneprésencetrèsmarquéesurleréseau.Cedernierconstitue lenouveauchampdebatailledelacommercialisationdesdestinationstouristiques, etsivousn’yêtespasprésent,vousnepouvezpasespérergagnerlabatailledela récupérationdesrecettestouristiques»50.


               

               

               

               

               

               

               

               

               

               

               

               

               


              49 D.  BUHALIS, 1999, Op. cit., p. 57.

              50 OMT, 2000  Marketing Tourism Destination On-line, , Madrid.p.42.

               


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              •     Les ressources du cours :

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              Visioconférence (meeting, Google Meet ou autres outils conviviaux).

              •     Activités du cours :

              Test de connaissances

              Evaluation formative sous format adéquat du module