Aperçu des sections

  • Plan du cours

    Chapitre 1 : le problème économique

    1.         Choix et coût d’opportunité

    2.         Le coût d’opportunité, fondement de la spécialisation des nations

    Chapitre 2 : Un aperçu sur la demande et l’offre d’un bien

    1.                     La demande d’un bien

    2.                     L’offre d’un bien

     

     


    • Chapitre 1 : Le problème économique

      Objectifs :

      Après avoir étudié ce chapitre, on doit être capable :

      -          d’expliquer pour quoi la rareté des ressources contraint les agents économiques à faire des choix ;

      -          d’examiner quelques uns des compromis auxquels les agents doivent faire face ;

      -          de définir le coût d’opportunité

      -          de savoir dans quelle mesure le coût d’opportunité peut constituer le fondement de la spécialisation d’un individu, d’une entreprise ou d’une nation dans la production d’un bien déterminé

      Dans ce chapitre est abordé ce que la plupart des économistes considèrent comme le problème le plus important en analyse économique : la nécessité de faire des choix. En effet, la rareté de leurs ressources face à leurs besoins illimités oblige les individus à faire des choix sous forme de décisions économiques. Choisir d’engager des ressources dans une activité revient toujours à renoncer à une autre activité. Les individus sont guidés par la recherche de leur proposer intérêt :

      Leurs choix requièrent du temps et des informations. La question fondamentale qui se pose dès lors est la suivante : Comment analyser les choix économiques ? L’objet de ce chapitre est l’étude des possibilités qui s’offrent aux décideurs compte tenu des ressources dont ils disposent. Ce type d’analyse fondé sur le coût d’opportunité ou de renonciation est valable aussi bien au niveau d’un individu, d’une entreprise que pour la société dans son ensemble.

      La démarche qui sera suivie est dès lors la suivante :

      -          Les coûts engendrés par le choix par un individu ou une nation d’une solution par rapport à une autre seront analysés dans la première section ;

      -          Les règles qui gouvernent les choix de production de la nation seront ensuite examinées dans la deuxième section.

       

      1.      Choix et coût d’opportunité

      Le concept de coût d’opportunité a été introduit dans l’analyse économique pour mesurer ce que coûte un choix à un individu ou à une nation.

      L’idée de sacrifice liée à tout choix est techniquement illustrée par une courbe appelée Courbe des Possibilités de Production (CPP). Etudions successivement ces deux notions.

      1.1. Le coût d’opportunité

      Définissons cette notion de coût d’opportunité avant de décrire ses caractéristiques.

      -          Définition

      Le coût d’opportunité est un coût de renonciation. L’utilisation des ressources dans une opération représente toujours la renonciation à une autre opération par l’utilisateur. Il mesure le sacrifice supporté.

      Exemples :

      Un étudiant avec un budget limité qui choisit d’aller en boite de nuit renonce à acquérir un ouvrage en économie.

      Si un gouvernement choisit de construire un TER, il renonce à construire un hôpital.

      -          Calcul du coût d’opportunité

      Exemple 1

      Oumou et Aicha partagent la même chambre au campus CROUS UGB. Elles consacrent la majeure partie de leurs temps à étudier-évidemment-, mais de temps en temps, elles se livrent à leurs activités favorites : faire des gâteaux et préparer du jus. Oumou met 4 heures pour préparer une bouteille d’un litre de bissap et 2 heures pour faire un gâteau. Pour les mêmes tâches, Aicha consacre respectivement 6 h et 4heures.

      Question : quel est le coût d’opportunité d’un gâteau pour chacune d’elle ?

      Réponse

      Pour Oumou :

      En faisant un gâteau, elle consacre 2h, dans le même temps elle aurait pu préparer 1/2 litre (2/4)

      1 litre correspond à 4 heures

       ?    x= 2/4= 1/2                          2h

      Le coût d’opportunité d’un gâteau pour Oumou est 1/2 litre de bissap

      Pour Aicha, il faut 4 heures pour faire un gâteau. La préparation d’un litre de bissap requiert 6h de temps, donc elle aurait pu dans le même temps (4heures) obtenir (4/6= 2/3) litres de jus de bissap.

      Le coût d’opportunité d’un gâteau pour elle est de 2/3 de litre de jus.

      Exemple 2

      Un diplômé de licence en science de l’éducation arbitre entre le choix d'entrer dans la vie active et donc de percevoir un salaire régulièrement et la possibilité d'étudier. Il décide finalement de poursuivre ses études en master sciences de l’éducation sur une année universitaire. Pour cela :

      Ø   Il paye des frais relatifs à sa formation constitués des frais de dossier pour 10000 FCFA, des droits d'inscription pour 25000, d'un montant mensuel égal à 80000 et des frais de restauration et d'hébergement estimés en tout à 10500 par mois.

      Ø   Il avait cependant reçu une offre d'emploi au niveau d’un organisme spécialisé en éducation avec un salaire mensuel net de 300000. Pour chaque trimestre il devait recevoir une prime de motivation égale à 50000 et des frais de mission s'élevant à 20 % du salaire.

      Calculer le coût d'opportunité résultant d'une année supplémentaire de formation.

      Solution

      Tableau 14:

      Eléments

      Travailler

      Etudier

      Avantages:

      -           Un an de salaire

      -          Prime

      -          Mission

      300 000*12 = 3 600 000

      50 000*4 = 200 000

      300 000*20%*4 = 240 000

      0

      Inconvénients :

      -          frais de dossiers

      -          droits d’inscription

      -          mensualités

      -          frais sociales

      0

      10 000

      25 000

      80 000*9 = 720 000

      10500*9 = 94500

       

      Travailler :

               le total des avantages =  3 600 000 + 200 000 + 240 000 = 4 040 000

               total des inconvénients = 0

      Etudier :

               total avantages = 0

               total des inconvénients = 10000+25 000+80000*9+10500*9=849500

      Calcul du coût d’opportunité d’un choix 1

               Formule : CO1 = inconvénients choix 1 + avantages choix 2

      Calcul du coût d’opportunité d’un choix 2

               Formule : CO2 = inconvénients choix 2 + avantages choix 1

      CO (étudier) = inconvénients (étudier) + avantages (travailler)

                            =  849 500 +4 040 000=4 889 500

      Interprétation:

      En décidant de poursuivre une année de formation le sacrifice le plus supporté par l’étudiant est de 4 889 500 F CFA.

      1.2.La rareté et le choix à l’échelle d’une seule entreprise : la courbe des possibilités de production

      On procède d’abord à l’analyse du concept de courbe des possibilités de production.

      On explique ensuite la forme concave.

      1.2.1.      Le concept de courbe des possibilités de production

      Un fait économique fondamental vient d’être discuté, à savoir que la rareté des ressources totales impose un choix pour la production des différents biens. Un élément important de ce choix est constitués par les possibilités de production.

      Exemple

      Une entreprise donnée dispose des ressources productives déterminées qu’elle utilise pour produire deux types de biens.

      Tableau : Les combinaisons de biens de consommation (X) et de biens d’équipement (Y)

      Possibilités

      Biens X

      Biens Y

      A

      0

      40

      B

      25

      30

      C

      50

      20

      D

      75

      10

      E

      100

      0

       

      Graphique 1 : la frontière de production

      La ligne joignant ces points constitue la frontière des possibilités. On peut rester en deçà (75 unités de consommation X et 05 unités de biens d’équipement Y, mais on ne peut pas la dépasser avec les ressources disponibles ; par exemple, on ne peut pas avoir la combinaison 75 en X et 20 en Y.

      En fait dans le cas général, la frontière des possibilités de production n’est pas une droite mais une courbe concave vers l’origine en raison de la loi des rendements décroissants.

      Explication de la forme de la courbe des possibilités de production

      La loi des rendements décroissants

      On retient toujours le modèle simplifié de deux biens produits à l’aide de deux facteurs de production : le capital facteur fixe et le travail facteur variable.

      On va raisonner en trois étapes.

      Première étape

      On met en relation le facteur variable L et la production en unités de bien d’équipement.

      Tableau 2 : la production des biens d’équipements

      Facteur de production heures de travail (L)

      Unités de biens d’équipement

      Q

      Q/L

      100

      20

      0,2

      200

      30

      0,15

      300

      35

      0,117

      400

      38

      0,095

      500

      40

      0,08

      Le graphique suivant décrit l’évolution de la production de biens d’équipements en fonction du nombre d’heures de travail.

      Graphique 2 : La production de biens d’équipements en fonction du nombre d’heures de travail

       

      Le rapport Q/L rendement moyen par unité de travail ou productivité moyenne du travail diminue lorsque la quantité de travail augmente. C’est généralement ce qui se passe, passé à un certain seuil. La cause de cette décroissance de rendement est que par travailleur (premier facteur de production) on utilise des quantités moins importantes de l’autre facteur (capital). La production augmente alors de plus en plus lentement.

      Deuxième étape :

      On considère à présent le même facteur de production que ci-dessus (c’est-à-dire le travail) mais un second type de biens (des biens de consommation) : cf le tableau 3.

      Tableau 3 : la production des biens de consommation

      Facteur de production heures de travail (L)

      Unités de biens d’équipement

      Q

      Q/L

      100

      10

      0,1

      200

      17

      0,085

      300

      22

      0,073

      400

      25

      0,062

      500

      27

      0,054

       

      Graphique 3 : la production des biens de consommation en fonction du nombre d’heures de travail.

       

      Le graphique 3 qui met en relation le nombre d’unités de biens de consommation produites et la quantité de travail L permet d’aboutir aux mêmes constatations que précédemment : la production des biens de consommation augmente moins que proportionnellement à l’augmentation du nombre d’heures de travail. La loi des rendements décroissants se manifeste.

      Troisième étape : Dès lors, avec une quantité déterminée de travail, (par exemple 500 heures), on peut obtenir les différentes combinaisons de biens d’équipements et de biens de consommation suivant les répartitions de ce facteur de production.

      -          Aucune unité de biens d’équipements produite et 27 unités de biens de consommation ;

      -          20 unités d’équipement et 25 unités de consommation ;

      -          30 unités d’équipements et 22 unités de biens de consommation ;

      -          38 unités   d’équipements et 10 unités de consommation ;

      -          40 unités d’équipements et aucune unité de biens de consommation.

      En mettant en abscisse les biens de consommation et en ordonnées les biens d’équipements, on obtient en joignant les points la courbe des possibilités de production pour cette quantité de travail. Cette courbe est concave vers l’origine.

      Graphique

                                                                       22                              23

      Le point C est une position sous optimale car il correspond à un sous emploi des ressources productives, donc un gaspillage. D est un point qui ne peut être atteint. Le domaine des productions possibles est donc délimité par l’air OFF’. La frontière des possibilités de production est représentée par la courbe FF’. Cette courbe montre ainsi l’ensemble des combinaisons alternatives des deux biens qu’il est possible de produire par utilisation pleine et efficiente des ressources productives. La courbe des possibilités de production est donc le lieu des positions à la fois réalisables et efficientes. Une combinaison est dite efficiente (c’est-à-dire techniquement efficace) s’il est possible à partir d’elle d’augmenter la production d’un bien sans réduire celle de l’autre bien. Tous les points situés (B et A) sur la courbe des possibilités de production sont des points efficients. Cette courbe exprime dès lors la quantité maximale qui peut être produit d’un bien, les quantités de l’autre bien étant données. Ainsi, au point B, le producteur peut obtenir QBA      (22) unités de biens de consommation et 30 unités de biens d’équipements (QBI).  Au point A, une production plus élevée de biens de consommation(QAA)  (25) est associée à une production moindre de biens d’équipements (QAI).

      La comparaison des deux points de production illustre l’idée de sacrifice. Ainsi en comparant les points B et A, on observe que pour produire des unités supplémentaires de biens de consommation (QAA)- (QBA) =  (3), le producteur a été contraint de renoncer à 10 unités de biens d’équipements. Le coût d’opportunités de la production de consommation se définit comme le coût supplémentaire d’une unité de consommation en termes d’unités de biens d’équipement. Pour produire une unité supplémentaire de biens de consommation le producteur devra en effet avec des ressources productives données en retirer certaines de la production des biens d’équipement.

      Graphiquement, lorsqu’il se déplace du point B vers le point A, le producteur aura ainsi sacrifier 10 unités de biens d’équipement pour pouvoir produire 3 unités supplémentaires de biens de consommation. Le coût de la production de ces 3 unités de biens de consommation est donc égal à 10 unités de biens d’équipement.

      Il en découle que le coût d’opportunité d’une unité de consommation entre les points B et A est égal à 10/3 (-((QAI- (QBI) /QAA)- (QBA)) d’unités de biens d’équipements. Il est égal à l’opposé de la pente du segment (BA).

      Le coût d’opportunité de la production des unités de consommation augmente avec celle-ci. En effet, au fur et à mesure que le producteur se déplace le long de la courbe des possibilités de production vers le bas, il deviendra de plus en plus coûteux pour lui de substituer des unités de consommation à des unités de biens d’équipements. Au fur et à mesure qu’il voudra transférer des ressources productives de la production de biens d’équipements vers celle de biens de consommation, il sera amené à utiliser des facteurs de production de moins en moins adaptés à la production de ce deuxième type de biens. Il devra donc renoncer à une quantité plus grande du premier type de biens pour obtenir une unité supplémentaire du deuxième type.

      La loi des rendements décroissants

      Si l’on retient l’exemple d’une entreprise qui produit un bien donné à l’aide de deux facteurs de production, le capital et le travail, à court terme c’est le travail qui varie, tandis que le capital reste fixe.  La question qui se pose est alors la suivante : la production augmente-t-elle aussi vite que l’accroissement des quantités utilisées du facteur travail ?

      La loi des rendements décroissants –mise en évidence depuis le début du 19ème siècle par la français Jacques TURGO et systématisée par l’anglais David RICARDO nous apprend que lorsqu’on fait varier la quantité d’un facteur et que celle de l’autre reste constante, la production totale augmente d’abord proportionnellement plus que ce facteur (rendements croissants) puis proportionnellement moins (rendements décroissants). L’explication du phénomène des rendements décroissants réside dans le lien étroit qui existe entre le facteur fixe et le facteur variable, c’est-à-dire l’intensité d’utilisation du facteur fixe. Celle-ci est égale au rapport quantité du facteur variable L/quantité du facteur fixe K0

      Lorsque le facteur variable augmente, il y’a de moins en moins d’unités de facteurs fixe disponibles par unité de facteur variable (K0/L) ou de plus en plus d’unités de facteur variable par unité de facteur fixe (L/K0). Il y’a une utilisation de plus en plus intensive du facteur fixe. Alors que dans un premier cette intensité plus grande du facteur fixe peut conduire à un accroissement plus que proportionnel de la production, dans un deuxième temps c’est l’inverse qui se produit.

      Illustration : Prenons le cas où le nombre d’ouvriers utilisant une machine complexe est accru. Au départ, seul ouvrier peut ne pas parvenir à tirer le meilleur parti de la machine, s’il y’a des opérations trop distinctes à effectuer. L’arrivée d’un second permettra de mieux organiser le travail, d’améliorer la répartition des tâches. Avec un troisième, le plein rendement est atteint. L’arrivée d’un quatrième ouvrier n’est pas souhaitable, car faute de place, il peut gêner ses compagnons. La productivité de chaque travailleur supplémentaire devient faible et la moyenne des productions par ouvrier diminue.

      1.2.2.      La rareté et le choix à l’échelle de l’ensemble de la société

      A l’instar de l’entreprise, une économie dispose de ressources et d’une technologie limitées. La position et la forme d’une courbe des possibilités de production qui régit les choix de la nation dépendent de ses ressources matérielles, de son savoir, de sa technologie, de son ardeur au travail et des investissements qu’elle réalise dans les usines, la recherche et l’innovation.

      Parmi les choix économiques qu’une société  doit faire, il en existe un qui illustre parfaitement la notion de  coût de renonciation : c’est le suivant :

      Etant donné la rareté des ressources, faut-il accorder la préférence à la production de biens de consommation immédiate par rapport à la production de biens d’équipements ?

      Les biens d’équipements sont des biens qu’une société choisit de consacrer à la production future de biens et services plutôt que de les consommer immédiatement.

      En décidant ainsi de consommer une plus grande partie de ses ressources à la satisfaction des besoins futurs au lieu de consommer immédiatement, la nation procède à un arbitrage en faveur de la croissance économique. Celle-ci a un coût. La croissance économique d’un pays n’est en effet possible que si les habitants acceptent d’investir en prévision de l’avenir une partie des biens qu’ils pourraient consommer immédiatement. Plus l’investissement sera important, plus la courbe des possibilités de production se déplacera vers la droite.

      Considérons à titre d’exemple deux pays I et II. L’un privilégie la consommation le pays I, l’autre II, l’investissement.

      Graphique ?

      Le pays I choisit une combinaison semblable à celle qui correspond au point A sur la courbe des possibilités de production FF’.

      A ce point, la consommation est relativement élevée et l’investissement relativement faible, ce qui fait que la courbe des possibilités de production pour l’année suivante ne se déplace qu’en GG’.

      Par contre, le pays II étant au point B, a renoncé pour l’année en cours à une consommation plus élevée pour un investissement plus important. Sa courbe des possibilités de production pour l’    année suivante se déplace nettement. Le pays II enregistre ainsi une croissance plus forte que le pays I. L’écart entre les deux courbes est plus prononcé au niveau du pays II qu’au niveau de pays I.

      2.      Le coût d’opportunité, fondement de la spécialisation des nations

      La loi de l’avantage comparatif formulée par l’économiste anglais David Ricardo (17772-1823) fonde les déterminants de la spécialisation internationale des pays sur la base du coût d’opportunité. Chaque pays devrait se spécialiser dans la production du bien pour lequel il supporte le coût d’opportunité le plus faible.

      L’écossais Adams SMITH (1723-1790) avait auparavant proposé une première explication du commerce entre les nations à partir de leurs avantages absolus. Pour Adam SMITH en effet, chaque pays devrait produire ce pour quoi il est naturellement le plus apte.

      Dans l’analyse classique, le travail est le seul facteur productif.

      2.1. Adama SMITH et la théorie de l’avantage absolu

      En 1776, SMITH publie son principal ouvrage Enquête sur les Causes et la Nature de la richesse des Nations dans lequel il prend le contre-pied des mercantilistes sur le commerce et plaide pour la liberté des échanges qu’il considérait comme la meilleure politique dans l’intérêt des nations du monde.

      Selon l’argumentation de SMITH, chaque pays a intérêt à se spécialiser dans la production du bien pour lequel il supporte le coût absolu le plus faible (c’est en ce bien qu’il a un avantage absolu) et importer le bien pour lequel il a un avantage désavantage (c’est-à-dire le bien pour lequel il supporte un coût absolu plus élevé).

      Le coût absolu de production est la quantité de travail nécessaire pour produire une unité de ce bien.

      Illustration :

      Supposons que les productions par heure de travail de mil et d’arachide sont respectivement les suivantes dans deux pays I et II.

      Eléments

      Pays I

      Pays II

      Mil (kilogrammes) par heures de travail

      6

      1

      Arachide (kilogrammes) par heures de travail

      1

      2

       

      Déterminons les coûts absolus de production des deux biens dans les pays I et II.

      Production de mil

      Pays I : une heure de travail permet d’obtenir 6 kg de mil, la production d’un kg nécessite alors dans ce pays I 1/6 h. Le coût absolu est égal à 1/6.

      Pays II : en une heure on produit 1 kg de mil, le coût absolu de production d’1 kg est alors d’une heure. Le coût absolu de II est égal 1.

      Conclusion 1: le coût absolu du pays I (1/6) est inférieur à 1 (coût absolu du pays II.

      Production d’arachide

      Pays I : une heure de travail permet d’obtenir 1 kg de mil, la production d’un kg nécessite alors dans ce pays 1h. le coût absolu est égal à 1.

      Pays II : en une heure on produit 2 kg de mil, le coût absolu de production d’1 kg est alors 1/2.

      Conclusion 2: le coût absolu du pays II (1/2) est inférieur à 1 (coût absolu du pays I).

      Dans l’optique de Adam SMITH, le pays I devra alors se spécialiser totalement dans la production du mil et laisser le pays II le soin de produire seul l’arachide. Ce faisant, la production combinée des deux pays serait plus importante et le pays I comme le pays II se partageraient cet accroissement dans le processus de l’échange libre. En effet, SMITH estime que si un pays peut nous fournir une marchandise à meilleur compte qu’à celui auquel nous pourrions nous-mêmes la fabriquer, il vaut mieux se la procurer de lui contre le produit de notre propre industrie appliquée dans une ligne où nous avons quelque avantage.

      Cependant, on ne peut manquer de se poser la question de savoir-ce que SMITH n’envisage pas absolument-ce qui se passerait si un des pays n’avait aucun avantage absolu. Ne devrait-il pas alors craindre d’importer davantage qu’il ne pourrait exporter. Comment dans ces conditions, l’échange international pourrait-il lui être bénéfique ? Ce pays n’aurait-il pas alors plutôt intérêt à s’isoler ?

      Face à ces divergences, David RICARDO va fournir des arguments supplémentaires au libre échange en éliminant certaines hypothèses restrictives de SMITH.

      2.2. David RICARDO et le principe de l’avantage comparatif

      RICARDO écrit en 1817 son ouvrage majeur Principes de l’Economie Politique et de l’Impôt.

      Pour RICARDO, la condition nécessaire et suffisante à l’apparition des échanges entre deux pays produisant les deux mêmes biens est que les coûts relatifs de ces deux biens soient différents entre les deux pays. Le coût relatif est défini par le rapport des coûts absolus des deux biens dans le pays. Chaque pays a intérêt à se spécialiser dans la production du bien dans lequel son avantage relatif est le plus grand, c’est-à-dire celui dont le coût relatif est le plus faible, comparé à celui de l’autre pays.

      Illustration

      Les productions par heure de travail de blé et de tissu sont supposées être les suivantes dans deux pays I et II.

      Tableau

      Eléments

      Pays I

      Pays II

      Blé (quintaux) par heure de travail

      6

      1

      Tissu (métres) par heure de travail

      3

      2

       

      Etablissons dans chaque pays le coût relatif de production d’un des biens par rapport à l’autre.

      En prenant le blé comme numéraire, c’est-à-dire en exprimant le tissu en fonction du blé, on obtient :

      Dans le pays I, le coût absolu du tissu est égal à 1/3. Et le coût absolu du blé est égal à 1/6h.

      Le coût relatif du tissu/blé dans ce pays est égal alors à (1/3)/(1/6)=6/3=2.

      En d’autres termes le coût relatif du tissu dans le pays est égal à 2 q quintaux de blé.

      Ce résultat s’interprète de la manière suivante : dans le pays I, produire un métre de tissu supplémentaire, il faudra renoncer à produire 2 q de blé (le coût d’opportunité de la production d’un mètre de tissu est égal à 2 q de blé).

      Dans le pays II :

      Le coût absolu du mètre de tissu est égal à 1/2.

      Le coût absolu du blé est d’une heure (1h).

      Le relatif coût du tissu blé est égal (coût absolu du tissu/coût absolu du blé)=(1/2/1).

      Le coût relatif du tissu/blé est égal à ½ :le coût relatif du tissu est donc égal à ½ q de blé.

      Dans le pays II, la production d’un mètre de tissu supplémentaire nécessite que l’on renonce à produire ½ q de blé.

      Le coût d’opportunité de la production d’un mètre de tissu=1/2 q de blé.

      Conclusion : le coût relatif du tissu dans le pays II est inférieur au coût relatif du tissu dans le pays I.

      Pour RICARDO, le pays II à l’ouverture à l’échange devra se spécialiser dans la production du tissu dans lequel son avantage relatif est le plus grand et le pays dans la production du blé bien que le pays II soit absolument désavantagé pour la production des deux biens. Ainsi dans l’optique de SMITH, I aurait du produire tous les deux biens et II les importer de I).

      Remarques

      1.      Les mêmes conclusions sont retrouvées lorsqu’on prend le tissu comme numéraire (on exprime alors le blé en fonction du tissu).

      Dans le pays I :

      Le rapport coût absolu du blé/coût absolu du tissu (1/6)/(1/3)=1/2.

      Le coût relatif du blé est donc égal à (1/2) mètre de tissu.

      Dans le pays II

      Le rapport coût absolu du blé/coût absolu du tissu donne le coût relatif du blé par rapport au tissu soit le coût relatif du blé est donc égal à deux mètres de tissu.

      Pour produire 1 q de blé supplémentaire, on renonce dans le pays II à produire deux mètres de tissu : le coût d’opportunité d’un q de blé est égal à 2 mètres de tissu.

      Le coût relatif du blé dans le pays I est inférieur au coût relatif du blé dans le pays II : le pays I a l’avantage relatif le plus grand dans la production du blé.

      2.      Il est également possible de déterminer les avantages relatifs en faisant non pas le rapport des coûts absolus de production des deux biens dans chaque pays, mais plutôt le rapport des coûts absolus d’un même bien dans les deux pays.

      Ainsi pour le blé :

      Le rapport coût absolu dans I/ coût absolu dans II est égal à 1/6.

      Pour le tissu :

      Le rapport coût absolu dans I/ coût absolu dans II est égal à (1/3)/(1/2)=2/3.

      L’avantage relatif du pays I est plus grand pour le blé que pour le tissu. En effet, ses coûts de production pour ce bien ne représentent que 16% de ceux du pays II contre 66% pour tissu. Le pays II est moins désavantagé pour la production du tissu.

       

       



      • Chapitre 2 : Un aperçu sur l’offre et la demande de biens

        Objectifs :

        Après avoir étudié ce chapitre, on doit être en mesure de :

        -          De tracer une courbe de demande à partir des données pertinentes du prix et des quantités demandées  correspondantes

        -          De construire une courbe d’offre à partir de données pertinentes concernant les prix possibles et les quantités offertes à ces prix ;

        -          D’expliquer pourquoi les courbes de demande ont généralement une pente décroissante et les courbes d’offre une pente croissante.

        Introduction

        Si les questions de rareté, de choix et de coordination constituent les problèmes essentiels de l’analyse économique, le mécanisme de l’offre et de la demande en est l’outil de recherche le plus important. Tant en microéconomie qu’en macroéconomie, la fameuse loi de l’offre et de la demande est l’outil fondamental d’analyse. Une maxime très célèbre en économie ne dit-elle pas en effet ceci :

        « on peut transformer même un perroquet en un économiste distingué. Il suffit de lui apprendre les deux mots « offre » et « demande ».

        Nous présentons progressivement dans ce chapitre les rudiments de l’analyse de l’offre et de la demande. La demande est d’abord étudiée dans une première section, ensuite l’offre dans une deuxième section. Ces deux notions seront ensuite liées dans la troisième section, ce qui nous permettra de procéder à la détermination de l’équilibre concurrentiel sur le marché d’un bien.

        1.      La demande d’un bien

        La demande d’un bien donné émane des consommateurs. Toute l’analyse du comportement du consommateur repose sur la notion de demande d’un bien.

        On appelle demande d’un bien sur un marché donné la quantité de ce bien que les agents économiques sont disposés à acheter à un certain prix. En d’autres termes, la demande est la relation qui existe à un moment donné entre divers prix possibles d’un bien et les quantités de ce bien que les consommateurs sont prêts à acheter. La demande est différente de la consommation ; celle-ci est une dépense effectivement réalisée tandis que la demande ne fait que refléter des intentions d’achat devant différents prix. Toutefois, les quantités d’un bien qu’un consommateur individuel désire acheter dépendent du prix de ce bien, de son revenu, de ses goûts, des prix des autres biens de sorte que l’on peut écrire :

        Qi = F(Pi, R, G, Pn)

        Avec : Qi = quantité demandée du bien i par un individu

                   Pi, prix du bien i

                  R et G, respectivement revnu et goût de l’individu

                 Pn, prix des autres biens.

        Qu’un seul de ces éléments change et l’équilibre se modifiera. Puisque les prix jouent un rôle prépondérant dans une économie de marché, il convient de commencer l’étude de la demande en analysant la relation entre la quantité demandée et le prix. On abordera ensuite la relation entre la demande et le revenu.

        Remarque : D’autres facteurs peuvent influencer également la demande :

        -          Des facteurs sociaux (comportement du citadin et du paysan)

        -          Des facteurs psychologiques (crainte d’une pénurie)

        -          Des facteurs culturels (mode-publicité)

        1.1. La demande, fonction du prix

        Dégageons la tendance générale avant de définir l’élasticité de la demande par rapport au prix.

        1.1.1.      Tendance générale de la demande

        Supposons la demande individuelle q d’un bien i ne dépend dans une première analyse que du prix de ce bien.

        Q = F(Pi)

        Exemple :

        Tableau 4 : Le tableau 4 suivant exprime les quantités par mois par un individu suivant certains prix.

        Prix par bouteille (F CFA) (P)

        Quantité demandée par mois (Q)

        2

        2

        1,5

        4

        1

        6

        0,75

        7

        0,50

        8

        Cette relation entre Q et P est représentée par le graphique suivant :

        Cette courbe est représentative de la demande individuelle. Elle indique la quantité que l’individu est prêt à acheter pour tout niveau de prix. Dans le cas général, la demande d’un bien est une fonction décroissante du prix de ce bien (du fait de la décroissance de l’utilité marginale des quantités consommées) : en effet, si les unités supplémentaires que l’on acquiert d’un produit engendre des utilités marginales décroissantes, seule une baisse des prix peut contraindre l’acheteur à augmenter les quantités achetées.

        Remarque : De manière usuelle, bien que le prix doive toujours être considéré comme variable dépendante, la présentation graphique courante de la fonction de demande est inversée. On porte en abscisses les quantités et en ordonnées les prix.

        1.1.2.      L’élasticité de la demande par rapport au prix

        L’élasticité-prix de la demande mesure la sensibilité de la quantité demandée (Qd) aux variations de prix (P) du bien. On distingue deux types d’élasticité : l’élasticité-prix directe et l’élasticité-prix croisée

        1.1.2.1.L’élasticité-prix directe

        Elle mesure la variation relative de la demande d’un bien par rapport à la variation relative du prix de ce même bien. Elle est presque toujours négative. C’est pour quoi l’usage est de prendre sa valeur absolue.

            Elle se mesure comme la variation en % de  la quantité demandée du bien divisée par la variation du prix en %.

         

         


        L’élasticité-prix nous indique de quel % varie la quantité demandée lorsque le prix varie de 1 %.  

        La valeur du coefficient nous indique l’ampleur de la variation

        Le signe du coefficient nous indique les sens de la variation.

        Calcul de l’EP à partir de la fonction de demande

            Lorsqu’on connaît l’équation de la fonction de demande, on utilise dQ/dP ( la dérivée de la fonction de demande par rapport au prix). 

           La formule devient donc:   

         

         


        Exemple:

         Soit                    Qd = 10 - 2P       

                                           Þ dQ/dP = -2

        Au point         P = 2,50$

                                                        Þ Q = 10 - 2(2,50) = 5

        L’élasticité-prix à ce point sera donc:

                                           Ep = - 2 • (2,50) / 5 = - 1   

        Calcul de l’élasticité suivant notre graphique

        L’élasticité-prix suite à une baisse de prix du point B à C sur la courbe de demande est:

         

         


        L’élasticité-prix suite à une hausse de prix du point C à B sur la courbe de demande est:

         

         


        Autres exemples :

        1.      Soit un bien Q1, lorsque son prix P1, passe de 6 à 4, la quantité demandée de ce bien passe de 5 à 10. Calculer l’élasticité.

                            

         

         

         

         

         


        La valeur absolue de -3/2 est de 3/2 supérieure à 1.

        2.      Lorsque son prix P2 passe de 10 à 15 f, Q2 passe de 4 à 2 unités.

         

         

         

         


        3.      Soit Q, lorsque P baisse de 10%, Q augmente de 5%.

         

         

         

         


        Ces trois exemples donnent les trois cas possibles suivants :

         

        L'élasticité-prix de la demande varie entre différents points sur la demande.  Elle peut varier de zéro à l'infini  (en valeur absolue).

        On dit que la demande est:

        - Élastique   si            |Ep| > 1, A une variation du prix, répond une variation plus que proportionnelle de la quantité demandée.

        - D’élasticité unitaire   si |Ep| = 1, la variation relative de la demande est proportionnelle (mais dans le sens opposé) à la variation du prix. Ainsi la demande baisse (augmenté) dans la même proportion que le prix (augmenté (baisse).

        - Inélastique ou rigide   si     |Ep| < 1, il y’a une variation moins que proportionnelle de la quantité demandée à la variation relative du prix.

        Remarque :

        On peut rencontrer les deux cas suivants :

        -           

        La demande est infiniment élastique, une variation infinitésimale du prix engendre une variation relativement grande de la quantité demandée.

        -           


        La demande est parfaitement inélastique : une variation du prix n’a aucune influence sur la quantité demandée. Celle- ci est insensible aux variations du prix.

        Un bien dont la demande est inélastique au prix est un bien pour lequel il existe peu de substituts  (ex: essence).

        Un bien dont la demande est élastique au prix est un bien pour lequel il existe plusieurs substituts (ex: une marque particulière de bière).   

        Ces cinq cas d’élasticité s’expriment graphiquement de la manière suivante :

        Cas 1 :

        |ε|=0

        Parfaitement inélastique (rigide)

        Cas 2 :

        0<|ε|<1

        Inélastique (rigide)

         

         

         

         

        Cas 3 :

        |ε|=1

        Élasticité unitaire

         

        Cas 4 :

        |ε|>1

        Élastique

         

         

        Cas 5 :

         

        L’élasticité-prix croisée

        Elle renvoie à la relation qui existe entre les quantités demandées d’un bien X et le prix d’un autre bien Y.

        QX= F (PY)

        L’ élasticité-prix croisée (Ecxy) mesure la sensibilité de la quantité demandée d'un bien X suite par rapport à la variation relative du prix d'un bien Y.  

         

         


        X et Y sont deux biens :

                    substituts   si Ec > 0, les biens sont des biens substituables. Une hausse relative du prix PY entraîne une augmentation relative de la demande de X. Il y’a transfert de consommation de Y à X.

                     complémentaires   si Ec <0, les biens sont des biens complémentaires. Une hausse relative du prix PY entraîne diminution relative de la demande de X.

        Par exemple: le vin et la bière

        1.2.       La demande, fonction du revenu

        De la même manière que pour le prix, nous allons procéder à l’expression de la fonction de demande et de définir l’élasticité de la demande par rapport au revenu.

        1.2.1. L’expression de la demande

        Le revenu constitue l’autre grande variable qui détermine la demande.

        La fonction de demande individuelle par rapport au revenu s’écrit de la manière suivante :

        Qi = F(R) avec

        Q la quantité demandée du bien i

        R =  revenu de l’agent.

        Dans le cas général, la demande est une fonction croissante du revenu. La représentation graphique de cette fonction est la courbe d’Engel. La courbe est variable, faisant ainsi ressortir trois catégories de biens :

        -          Les biens normaux (ou de première nécessité) dont la demande croit avec le revenu mais moins que proportionnellement.

        -          Les biens supérieurs dont la demande croit plus que proportionnellement au revenu.

        -          Les biens inférieurs dont la demande diminue lorsque le revenu augmente. Dans ce cas l’augmentation du revenu permet de renoncer à des quantités d’un bien au profit d’au autre bien. Il y’a substitution.

        Ces diverses catégories de biens sont caractérisées par des valeurs différentes de l’élasticité de la demande par rapport au revenu.

        1.2.2. L’élasticité-revenu

        L’ élasticité-revenu (ER) mesure la sensibilité de la quantité demandée d’un bien à une variation de revenu, TCEPA

        N

         

         

        -          Si  1 > ER > 0        : Il s ’agit d’un bien normal ou de première nécessité (biens alimentaires).

        -          Si ER >1 Þ bien de luxe, biens supérieurs (éducation, voyages, loisirs)

                    Si   ER < 0: Il s’agit d’un bien inférieur

        Un bien normal est un bien pour lequel une hausse du revenu cause une augmentation de la demande de ce bien (un mouvement vers la droite de la courbe de demande).

        Un bien inférieur est un bien pour lequel une hausse du revenu cause une baisse de la demande de ce bien (un mouvement vers la gauche de la courbe de demande).

        2.            L’offre d’un bien

        Il ne sert à grand-chose d’étudier-donc de connaître- la demande sans connaître l’offre de. C’est comme si l’on ne disposait que de l’une des lames d’une paire de ciseaux ou comme si l’on applaudissait d’une seule main.

        L’offre d’un bien émane des entreprises. Celles-ci produisent pour vendre sur un marché et cherchent à réaliser le profit maximum.

        A l’instar de la demande d’un bien par les consommateurs, la quantité d’un bien offerte par les producteurs n’est pas une donnée fixe. Elle dépend ainsi de plusieurs facteurs (le nombre d’offreur, la nature du produit, le prix du bien, les prix des autres biens, les coûts de production, la technologie).

        On examinera d’abord la relation entre la quantité offerte et le prix de ce bien qui est un des facteurs les plus importants. On étudiera ensuite l’élasticité de l’offre par rapport aux prix enfin les recettes des producteurs.

        2.1. L’offre, fonction du prix

        Le tableau suivant montre la relation qui existe entre le prix du lait et la quantité offerte sur le marché par un producteur donné.

        Tableau 6 : le barème de l’offre de lait

        Prix en F

        Quantité offerte

        10

        20

        8

        16

        6

        12

        4

        8

         

        Le graphique suivant transforme ces données en une courbe d’offre individuelle.

        Graphique : 12 la courbe d’offre de lait

        La fonction d’offre individuelle est la relation qui existe entre tous les prix possibles d’un bien et les quantités que le producteur est disposé à ce prix.

        A la différence de la courbe de demande, l’offre est une fonction croissante du prix du bien. Un prix plus élevé se traduit en général par une hausse de la quantité offerte du bien.

        NB : L’offre totale d’un bien est celle qui émane de tous les producteurs possibles du bien. C’est la somme des offres individuelles.

        Cette loi est expliquée par deux facteurs fondamentaux : le phénomène des coûts croissants et la recherche par les producteurs du profit maximum.

        -          Le phénomène des coûts croissants : selon ce principe, il est de plus en plus coûteux d’obtenir des accroissements égaux d’un bien, toutes choses étant égal par ailleurs. Cela signifie que le coût de production d’un litre de lait additionnel (c-à-d le coût marginal de production) augmente au fur et à mesure que le producteur consacre une partie plus importante de ses ressources à cette production. Confrontés à des coûts inexorablement croissants s’ils augmentent leur production, les offreurs n’auront intérêt à le faire que s’ils peuvent en obtenir un prix plus élevé pour couvrir l’accroissement de leurs coûts.

        -          La recherche de la maximisation du profit : les entrepreneurs cherchent à utiliser les facteurs de production et les ressources dans les activités qui promettent les profits les plus élevés. S’il semble plus profitable de produire un bien Q1 plutôt qu’un bien Q2, ils consacrent davantage de facteurs de production à la fabrication de Q1 et moins à celle de Q2.

        L’objectif de la plupart des entreprises est la maximisation du profit Q. Une telle entreprise désire donc produire la quantité qui maximise l’écart entre la Recette Totale et le Coût Total.

        L’entreprise maximise son profit.

        Le profit économique est défini comme la différence entre les recettes et les coûts de l’entreprise

        Profit  = Recette Totale – Coût Total Q= RT-CT

         


         La Recette Totale dépend des quantités vendues et du prix de vente: RT = P x Q

         Le Coût Total dépend des prix des facteurs de production et de la quantité produite

        Le profit est maximum lorsque les conditions suivantes sont remplies :

        Condition de premier ordre :

         

         

         

         

         


        Le prix doit donc être égal au coût marginal de production.

        Condition de deuxième ordre :

         

         


        Donc 

        La dérivée du coût marginal doit être positive. Le coût marginal est donc croissant.

        Remarque : les coûts de production

        L’analyse des coûts de production repose sur les principes de production. Il convient alors de raisonner en faisant la distinction entre la courte période pendant laquelle la taille de la firme, le volume de ses équipements sont constants (K=Ko) et la longue période où l’échelle change, la firme investit, le capital augmente.

        -          Les coûts en courte période

        La distinction entre les facteurs fixes et les facteurs variables à court terme permet de classer les coûts en coûts fixes et coûts variables. Les coûts fixes se rapportent aux facteurs fixes et les coûts variables aux facteurs variables. On distingue ainsi des coûts totaux, des coûts moyens et un coût marginal.

        ·         Les coûts totaux :  à court terme, le coût total d’une entreprise dépend de son niveau de production. Les éléments du coût total sont le coût fixe total et le coût variable total.

        Le coût fixe total (CFT) est constitué par toutes les obligations dont le montant ne varie pas avec la quantité produite. Que l’entreprise produise peu ou beaucoup, elle devra toujours payer certaines charges d’impôts, les mêmes assurances, les mêmes frais d’entretien des bâtiments. On peut alors poser CFT=constante=A.

        Le coût variable total (CVT) est composée de toutes les obligations dont le montant varie avec la quantité produite. Il dépend donc du niveau de production de l’entreprise et doit nécessairement augmenter lorsque l’entreprise accroit sa production grâce à l’augmentation des quantités utilisées de facteurs.

        Le coût total CT est la somme du coût fixe et du coût variable : CT= CFT+CVT

        ·         Les coûts moyens : ce sont les coûts supportés en moyenne par chaque unité de bien produite. On distingue à cet égard :

        Le coût fixe moyen (CFM) égal au rapport entre le coût fixe total et la quantité produite (CFT/Q).

        Le coût variable moyen (CVM)  constitué par le rapport (CVT/Q).

        Le coût moyen est égal à la somme du CFM et du CVM, en d’autres termes le rapport CT/Q.

        ·         Le coût marginal Cm : c’est le coût additionnel engendré par la production d’une unité supplémentaire du bien.

        -          Les coûts en longue période

        Dans la période de planification à long terme, toute dimension d’usine est possible pour l’entreprise. Tous les facteurs sont variables. L’entreprise peut modifier par unité de temps des terrains, des immeubles, de l’outillage, des cadres et tous les facteurs. Il n’y aura pas de coût fixe. On s’intéresse alors seulement au coût total à long terme, au coût moyen à long terme et au coût marginal à long terme.

        2.2. L’élasticité de l’offre par rapport au prix

        On définit d’abord ce concept d’élasticité de l’offre par rapport au prix. On indique ensuite les différents cas d’élasticité de l’offre par rapport au prix.

        Définition et calcul de l’élasticité-prix de l’offre

        Elle mesure la sensibilité de la quantité offerte aux variations de prix. La loi de l’offre stipule que les quantités augmentent avec les prix. L’élasticité prix de l’offre d’un bien est égal au rapport entre la variation relative de la quantité offerte de ce bien et la variation du prix de ce même bien.

        Soit Q la quantité offerte (Qo) en fonction du prix (P) du bien,

         

         

         


        Les différents cas d’élasticité de l’offre par rapport au prix

        Exemples :

        1.      Soit un bien Q1, lorsque son prix P1, passe de 4 à 5, la quantité offerte de ce bien passe de 100 à 200. Calculer l’élasticité.

                            

         

         

         

         


        2.      Soit Q2 lorsque son prix P2 passe de 4 à 5 f, Q2 passe de 100 à 125 unités.

         

         

         

         


        3.      Soit Q3, lorsque P3 passe de 4 à 5, Q passe de 100 à 110.

         

         

         

         


        Ces trois exemples donnent les trois cas possibles suivants :

        -          Offre Élastique   si     Ep > 1, A une variation du prix, répond une variation plus que proportionnelle de la quantité offerte.

        -          Élasticité unitaire   si Ep = 1, l’offre du bien augmente dans la même proportion que le prix.

        -           Inélastique ou rigide   si        Ep < 1, il y’a une variation moins que proportionnelle de la quantité offerte à la variation relative du prix.

        -          Remarques

        On peut rencontrer les deux cas suivants :

        -           

        L’offre est infiniment élastique, une variation infinitésimale du prix engendre une variation relativement grande de la quantité offerte.

        -           


        La demande est parfaitement inélastique : une variation du prix n’a aucune influence sur la quantité offerte. Celle- ci est insensible aux variations du prix.

        Ces cinq cas d’élasticité sont matérialisés graphiquement ainsi :

        0<|ε|<1

        Inélastique (rigide)

        |ε|=1

        Élasticité unitaire

         

          *

        |ε|>1

        Élastique

         

         

         

         

         

        |ε|= ∞

        Parfaitement élastique

         

         

         

         

         

        L’élasticité prix de l’offre d’un bien dépend de la flexibilité dont font preuve les vendeurs pour modifier la quantité des biens qu’ils proposent. L’horizon de temps considéré est également un facteur essentiel de l’élasticité prix de l’offre ; en général, celle-ci est plus élastique à long terme qu’à court terme.

        3.            Les recettes des producteurs

        On considère maintenant non plus la demande d’un bien mais celle qui s’adresse à une firme donnée. Les dépenses des consommateurs constituent des recettes pour les producteurs. C’est pourquoi il existe un lien entre l’analyse des dépenses des uns et celles des recettes des autres.

        La recette totale d’un producteur est égale au produit des vendues par les prix fixés lors de la vente.

        RT= P*Q

        Avec RT, recette totale, P, prix du bien et Q quantités vendues.

        La variation de la recette est donc simultanément soumise aux variations des prix et aux variations des quantités. S le prix diminue, on peut s’attendre à ce que les quantités augmentent. Il n’est pas sur que la recette totale du vendeur augmente automatiquement. Tout dépend de l’élasticité de la demande par rapport au prix.

        Etudions la relation entre la recette totale des vendeurs et l’élasticité de la demande avant d’analyser deux concepts essentiels, la recette moyenne et la recette marginale.

        3.1. Recette totale et l’élasticité de la demande par rapport au prix

        - Si l’élasticité de la demande par rapport au prix est faible en valeur absolue, cela signifie que l’augmentation du prix n’entraînera pas pour la firme une forte baisse de la demande ; la recette totale pourra augmenter.

        Au contraire, le fait de baisser son prix entraînera pour le producteur une faible augmentation de la demande, donc une baisse de sa recette totale.

        -          Si l’élasticité est supérieure à l’unité, cela signifie que si l’entreprise augmente son prix, il en résultera une baisse sensible de la demande et donc une diminution de la recette totale.

        -          Par contre, si la firme diminue son prix, la demande va beaucoup augmenter, ce qui permettra de compenser ainsi la baisse du prix et entraîner une augmentation de la recette totale.

        Le point où la recette totale est maximale correspond à une valeur absolue de l’élasticité égale à 1.

        3.2. Recette moyenne RM et recette marginale

        La recette moyenne est la recette par unité vendue, c’est-à-dire le prix.

        RM=RT/Q=PQ/Q=P

        La recette marginale Rm est l’accroissement de la recette totale résultant de la vente d’une unité supplémentaire du bien.

         

         


        Lorsque la recette totale est une fonction continue des quantités offertes,

         

         


        La recette marginale est donc la dérivée de la recette totale par rapport à Q. Quand la recette totale augmente, la recette procurée par les dernuères unités est positive. Au contraire, quand la recette totale diminue, cela signifie que les recettes additionnelles procurées par les dernières unités vendues sont négatives. La recette marginale est nulle quand la recette totale est maximale.

        Remarque : la relation entre la recette marginale du monopoleur et l’élasticité de la demande par rapport au prix.

        On suppose qu’on ici sur un marché où l’entreprise offre seule le bien. Elle peut donc agir sur le prix.

         

         

         

         

         

         

         

         

         

         

         

         

         


        La recette totale est à son maximum.

         

         

        3.3. L’équilibre de l’offre et de la demande

        Nous allons à présent combiner les analyses de la demande et de l’offre qui viennent d’être effectuées pour procéder à la détermination de l’équilibre sur un marché concurrentiel, et étudier les déplacements de cet équilibre. Au préalable, il apparaît important de préciser cette notion de marché.

        Le marché d’un bien

        Définissons ce qu’on entend par le marché d’un bien avant d’en indiquer les principaux types.

        Définition

        Le marché consiste en une confrontation à un moment donné entre les offres et les demandes portant sur un même bien. Cette définition requiert certaines précisions quant au bien, au temps, au lieu et à l’esprit de la confrontation.

        -          Le marché porte sur un bien précis (le marché du blé, le marché de la viande…)

        -          Le moment de la confrontation doit être précisé : celui-ci peut par exemple être clairement défini à l’intérieur d’un intervalle de temps très court (le marché d’une action se forme instantanément) ou très vague et le prix résulter de longues négociations (le marché des immeubles, le marché des matières premières).

        -          Le lieu de la confrontation est généralement défini même si bien souvent, la définition du cadre spatial des marchés reste difficile et leur organisation anarchique.

        -          L’esprit de la confrontation postule chez les co-échangistes la recherche des plus grandes satisfaction individuelles, c’est-à-dire pour l’acheteur de se procurer une quantité donnée d’un bien au prix le plus faible possible et la volonté pour le vendeur d’offrir cette même quantité au prix le plus élevé possible.

        Toutes ces nuances expriment la difficulté d’une appréhension correcte de la notion de marché. Elles montrent cependant qu’il existe un marché dès lors que des individus désirent procéder à des échanges de biens. Ces échanges aboutissent à un équilibre : le prix.

        Les marchés peuvent être classés en fonction du nombre des acteurs et du degré de différenciations des produits.

        Le classement des marchés selon le nombre des acteurs

        Tableau 7 :

                 Offre

        Demande

        Grand nombre de vendeurs

        Petit nombre de vendeurs

        Un seul vendeur

        Grand nombre d’acheteurs

        Concurrence parfaite

        Ex : bourse

        Oligopole 

        Ex : automobiles, acier

        Monopole

        Ex : marché de l’électricité

        Petit nombre d’acheteurs

        Oligopsone

        Ex : les grossistes qui achètent à de nombreux vendeurs

        Oligopole bilatéral

        Monopole contrarié

        Un seul acheteur

        Monopsone la suneor

        Monopsone contrarié

        Monopole bilatéral

        Détermination de l’équilibre

        Il y’a équilibre sur le marché d’un bien économique lorsque la quantité demandée de ce bien est légale à la quantité offerte de ce bien. Observons la situation présentée par le tableau suivant, dans lequel sont représentés les divers prix possibles envisagés par les acheteurs et les vendeurs d’un bien i (par exemple le lait) et toutes les quantités de ce bien qu’ils sont disposés à demander ou à offrir à chacun de ces prix.

        Prix

        Demande

        Offre

        Tension

        100

        90

        80

        450

        500

        550

        900

        800

        700

        70

        600

        600

         

        60

        50

        40

        650

        700

        750

        500

        400

        300

         

        Le prix de l’équilibre est déterminé par la rencontre de l’offre et de la demande totales.

        Graphique : l’équilibre sur le marché

         

         

        Le prix d’équilibre est égal à 70. A ce prix, l’offre est égale à la demande. La quantité d’équilibre est égale à 600 litres.

        A un prix = 100, donc supérieur aux prix d’équilibre, les offreurs sont disposés à vendre 900 litres de lait tandis que les consommateurs ne désirent en acquérir que 450 litres. Pour réduire la tension qui existe et attirer de nouveaux clients, les offreurs vont accepter une réduction des prix (tension à la baisse).

        A un prix inférieur à 70 (50 par exemple), la demande de lait est de 700 litres est supérieur à l’offre totale (400 litres). Afin d’éliminer les acheteurs trop nombreux, les offreurs élèvent les prix (tension à la hausse).

        Le croisement des deux courbes d’offre et de demande permet ainsi de déterminer un équilibre prix/quantité. Cet équilibre présente les caractéristiques suivantes :

        -          Il est unique : l’offre et la demande ne se croise qu’une fois

        -          Il rend compatibles l’offre et la demande totales (les désirs des consommateurs et ceux des producteurs sont rendus compatibles, ce qui ne veut pas dire que tous sont satisfaits).

         


        • Section 5