Aperçu des sections

  • Objectifs spécifiques

    ·         Faire une analyse économique de l’éducation

    ·          Faire une analyse microéconomique de l’éducation

    ·          Faire une analyse macroéconomique de l’éducation

    ·          Comprendre les notions de coûts et de dépenses

    ·         Calculer les dépenses de l’éducation


    • Introduction générale

      Au cours du dernier siècle, les niveaux de scolarisation ont augmenté de manière spectaculaire dans les pays

      développés comme dans les pays pauvres.

      En France par exemple, la durée moyenne des études initiales :

      ð de la génération née en 1900 était de 8,1 années,

      ð pour la génération née en 1975 de 15,8 et

      ð pour 2008/2009 la durée est de 18,5.

      Dans les pays développés, l’enseignement supérieur dans la période récente. Une accélération très forte est observée partout à partir de la fin des années 1980.

      Dans les pays en développement, des mouvements massifs sont également présents,

      Beaucoup de pays à faible revenu consacrent à l’éducation une proportion substantielle, sinon la plus importante, de leurs dépenses publiques.

      Il ressort de l’édition 2013/14 du Rapport mondial de suivi sur l’Éducation pour tous (EPT) que: les dépenses d’éducation se sont accrues en pourcentage du produit national brut, passant:

      de 3,1 % en 1999 à 4,1 % en 2011 dans les pays à faible revenu Le Sénégal, de son côté, s'est attaché à mettre en oeuvre des politiques d'éducation, y consacrant un budget.

      Cela s’est traduit par:

      · une augmentation de la demande d’éducation avec des taux de scolarisation élevés à tous les niveaux et

      · une offre de l’éducation avancée avec la création de collèges, de lycées et d’universités.

      La figue 1 montre l’évolution des taux de scolarisation au Sénégal dans les différents niveaux d’enseignement (préscolaire, élémentaire, moyen et secondaire).

      Figure 1: Evolution des TBS des différents niveaux de 2000 à 2008 du Sénégal

       

       

      Sur la période considérée, nous notons une augmentation régulière des taux bruts de scolarisation à tous les niveaux d’enseignement (préscolaire, élémentaire et secondaire).

      Rmq: Taux brut de scolarisation (%) =

      Nombre d’élèves inscrits dans un niveau spécifique d’enseignement primaire ou secondaire…, quel que soit leur âge, exprimé en pourcentage de la population totale d'âge légal d’entrée au même niveau d'enseignement (Source:ISU/UNESCO).

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      Figure 2 : Evolution et répartition des effectifs du supérieur de 2001 à 2009 du Sénégal

       

      Tableau : Les évolutions des taux bruts de scolarisation du supérieur et les nombres d’étudiants sur 100 000

      Habitants

       

      Des évolutions aussi considérables, tant par leur ampleur que par leurs conséquences sont-elles désirables ?

      Les analyser, c’est donner les moyens de les influencer. Mais pour quoi les considérer d’un point de vue économique ?

      Avant tout parce que l’éducation coûte cher.

      Au Sénégal, l'ensemble des ressources totales allouées à l’éducation s'élève à 5,63% du PIB en 2010, selon les sources de l’Institut Statistique de l’UNESCO.

      La figure 2 représente l’évolution des dépenses totales en % du PIB.

      Figure 3: Evolution en % du PIB des dépenses totales d'éducation entre 2000 et 2010

      3

       

      Figure 4: Evolution des dépenses publiques allouées à l'éducation de 2000 à 2008 en milliards de F CAF.

      De plus l’effort public a augmenté comme l’illustre la figure 4. On note une tendance généralement croissante sur la période 2000-2010.

      L’éducation nationale représente le premier budget de l’Etat et emploie une part importante de la population active. Le gouvernement met en avant le chiffre de 40% du budget affecté à l'éducation en 2011.

      La part élevée des dépenses d'éducation dans les dépenses de fonctionnement de l'Etat traduit une

      grande priorité accordée à l'éducation par rapport à d'autres secteurs comme la défense et la sécurité, la santé, le chômage, les régimes de retraite et d'autres domaines économiques et sociaux.

      ð L’économie de l’éducation

      Le niveau de ces dépenses, leur augmentation et leur répartition sont-ils souhaitables ?

      Les pays développés doivent-ils continuer dans cette voie, et jusqu’où?

      Les pays en développement doivent-ils être encouragés à la (voie) suivre ?

      L’économie de l’éducation s’est construite autour de ces questions.

      Pour y répondre, il faut bien sûr examiner le coût de et le bénéfice de l’éducation.

      · Pour le coût de l’éducation, il comprend les coûts directs et le coût indirect (coût d’opportunité du temps passé au lycée ou à l’université). Ce coût d’opportunité correspond aux revenus du travail productif auxquels l'étudiant renonce à cause de la poursuite des études.

      Les économistes sont attentifs à cette dimension et elle est au coeur d’une grande partie de leurs analyses.

      · Il faut aussi évaluer le bénéfice que les individus, comme la société retire d’une scolarisation toujours plus

      longue. Pour beaucoup, s’instruire est un plaisir: Mais cette consommation immédiate suffit-elle à justifier

      toute la dépense qu’on y consent ?

      L’économie de l’éducation envisage l’éducation sous un angle différent et l’analyse d’abord comme un investissement. Elle représente aujourd’hui une dépense qui doit produire demain un supplément de richesse et de bien être. Il semble qu’en poursuivant ses études, on s’assure de meilleurs salaires dans l’avenir, et qu’en scolarisant leurs populations, les pays préparent leurs croissances futures. Voici les principaux bénéfices que

      l’économie de l’éducation cherche à évaluer.

      Cette vision peut sembler réductrice, et elle l’est sans doute car l’école et l’université sont des lieux de culture et pas simplement de formation des futurs travailleurs. Mais, parmi toutes les dimensions qu’une politique éducative doit considérer, celle-ci ne saurait être négligée.

      Enfin, il ne s’agit pas seulement de savoir combien dépenser, jusqu’où poursuivre l’effort scolaire ? Il faut aussi se demander comment ? C’est l’affaire de nombreux acteurs et l’objet de plusieurs disciplines, au premier rang les sciences de l’éducation et la sociologie. Les économistes se sont intéressés à leur tour à cette question, en s’attachant aux aspects qui leurs sont familiers. D’une part, les ressources allouées au système éducatif sont-elles utilisées efficacement à l’intérieur de ces unités de production du savoir que sont les écoles ?

       

      ð La théorie du capital humain

      Si on considère l’éducation comme objet économique chez les fondateurs de la discipline, l’économie de l’éducation se constitue comme champs ou discipline à part entière au tout début des années 1960, période qui a connu un fort accroissement des effectifs d’élèves et d’étudiants, liés à la fois à une démocratisation des systèmes éducatifs et à une demande renforcée des travailleurs, sous l’influence primordiale de Théodore W. SCHULTZ (1961),

      Edward DENISON (1962), Gary BECKER(1964) ou Jacob MINCER (1974).

      Ces auteurs fondent une école de pensée, connue sous le nom de « théorie du capital humain », ce terme étant utilisé pour représenter les connaissances accumulées par les individus et qui comme le capital sont créatrices de richesse. Selon cette théorie du capital humain, une double liaison:

      · éducation-productivité et

      · productivité-rémunération existe.

      Cela vaut dire que l'éducation va transmettre des connaissances qui vont augmenter l'efficacité technique productive de l'individu (sa participation à la production) et par là accroitre sa rémunération ou son salaire.

      Bien qu’elle continue à constituer le coeur de l’économie de l’éducation, autour duquel s’articulent les débats, la théorie du capital humain a été critiquée sous différents aspects.

      En effet, ARROW et SPENCE (1973) contestent le rôle assigné à l'éducation consistant à accroitre la productivité des individus. Selon eux, la fonction de l'éducation est de sélectionner des individus dont à priori les capacités productives sont différentes.

      Elle produit principalement un classement, lequel révèle les aptitudes héritées par les individus ou le capital constitué par ailleurs. L'éducation joue le rôle de signal pour les employeurs qui ne peuvent observer directement les capacités des travailleurs. Pour eux, l'employeur ne connait que certaines caractéristiques que sont le sexe, la race, l'âge, le niveau d'éducation ou le diplôme qu'ils appellent des " signaux " ou " indices ".

      En fonction des ces signaux et de l'expérience passée de l'individu, l'employeur détermine le niveau de productivitéet donc de rémunération.

      Selon eux, l'individu perçoit un salaire, non pas grâce à son efficacité productive, mais en fonction des signaux que détient l'employeur, qui permettent de le classer dans une catégorie et de le rémunérer au taux quelconquede salaire.

      Donc si la théorie du capital humain montre un grand optimisme, la théorie du filtre par contre fait montre d'un plus grand scepticisme. Pour cette théorie l'éducation n'apporte rien aux individus. Elle ne sert qu'à montrer lesdifférences qui existent entre les individus. D'une certaine manière, la théorie du filtre remet en cause les efforts, les ressources mobilisées en faveur de l'éducation. Elle se pose la question de pourquoi tout ce temps et tout cet argent dans l'éducation si elle ne sert qu'à trier et à classer les individus. Le rôle de l'éducation consistant à assurer l'efficience des individus qui par origine ou par don avaient les plus fortes potentialités, est remis en cause par cette théorie du " filtre ".

      L’économie de l’éducation est:

      · donc née concomitamment avec la théorie du capital humain

      · et une préoccupation liée au rendement de l’investissement en capital humain.

      La participation de l’éducation à la croissance économique constitue un deuxième domaine d’étude important, né avec les théories de la croissance endogène (LUCAS, 1988 et ROMER, 1990).

      Ces dernières:

      · sont considérées comme un renouveau à partir des années 80 dans l'analyse du processus stable de la croissance.

      · apportent certaines innovations dans l'explication de la croissance de long terme. et leurs idées

      nouvelles sont considérées comme plus efficaces que les approches du modèle fondateur de SOLOW

      (1956).

      Ce dernier modèle de SOLOW achoppait sur l’explication complète de la croissance aux Etats-Unis. En effet, en 1957, SOLOW teste son approche sur la croissance américaine entre 1909 et 1945.

      Il trouve:

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      · qu'environ 1/8 des variations du produit peut être expliquée par le stock de capital

      · et les 7/8 restants (ou " résidu " de SOLOW) par l'amélioration du progrès technique. Ce résidu qui

      représentait près de 87% de la croissance des Etats Unis, ne trouvait pas de justification objective ouvrant à des perspectives de recherche.

      Ces résultats sont apparus comme des insuffisances ne permettant pas de valider son modèle.

      D’autre part, il a été constaté dans les limites de ce modèle, la baisse du rendement du capital et l'essoufflement de la croissance. Elle est réduite à zéro du fait de l'hypothèse des rendements décroissants supposée propulser la croissance économique.

      Cette hypothèse précise que si on augmente les unités d'un facteur, les quantités des autres facteurs étant maintenues constantes, " toutes choses étant égales par ailleurs ", la production va augmenter, mais diminue àpartir d'un certain point. Le capital, qui s'accumule au fur et à mesure devient inefficace et à long terme sa productivité marginale tend vers zéro.

      Les théories de la croissance endogène furent motivées et encouragées donc par les limites de ce modèle qui dominait dans les années 1980. Avec leurs nouvelles visions de la croissance endogène, le capital humain ou l'éducation est soumise à l’hypothèse des rendements croissants et a une place et un rôle important à jouer dans le chemin d'une croissance économique auto-entretenue.

      Mais, à côté de ces développements principaux, l’économie de l’éducation a mis en place des travaux traitant du fonctionnement du système éducatif. Ils se sont intéressés aux calculs des coûts de l’éducation et du mode de financement, à la prévision des effectifs scolaires, aux modalités de production de l’éducation.

      Ce cours entend donc présenter la discipline à un large public, non spécialiste en économie.

      Il montrera comment les économistes traitent de l’éducation. Il est organisé autour de thèmes.

      · Un premier thème s’attachera à la question du financement de l’éducation. Même s’il est très réducteur de résumer l’économie de l’éducation à un simple exercice comptable, il n’en reste pas moins important, compte tenu des débats politiques en la matière, de comprendre comment sont estimés les coûts de cette activité et comment les économistes envisagent la question d’un financement juste et efficace En L3.

      Quant à la question de la production de l’éducation, le deuxième thème définira les méthodes promues par les économistes pour identifier les conditions de production les plus performantes en matière d’éducation En M1.

      • Mais on ne peut juger les performances d’un système éducatif à la seule aune des connaissances de ses élèves.

      Ce système doit les préparer à affronter le marché du travail et à trouver un emploi leur permettant de vivre pleinement, en accord avec leurs préférences. De même l’éducation est censée participer à la croissance économique et au développement de la société. Le troisième thème abordera ces débats. En M2


      • LE FINANCEMENT DE L’ÉDUCATION

        L'ensemble de ces ressources totales s'élève à 5,63% du PIB en 2010.

        L’éducation nationale:

        ð le premier budget de l’Etat. En 2011, 40% du budget

        ð emploi de la population active.

        Nous présentons dans un premier temps la méthodologie de collecte des données des dépenses de l’éducation, avant d’examiner la question du financement de l’éducation.

        Le compte national de l’éducation

        Pays: système de comptabilité :

        ð retracer les flux financiers

        ð à connaître les principales grandeurs économiques d’un pays.

        Cette comptabilité correspond au mieux à la description des activités marchandes bien identifiées qu’au suivi d’activités à orientation collective dont les contours ne sont pas aisés à déterminer.

        Au niveau de l’éducation il existe un compte appelé « satellite de l’éducation ».

        Ce compte:

        ð décrit l’ensemble des flux financiers concernant le domaine de l’éducation et de la formation.

        ð est une présentation des données de l’économie de l’éducation.

        ð et permet ainsi de savoir combien un pays dépense en éducation, à quels niveaux, et quelle est la

        part des différents agents dans cette dépense.

        Dans la mesure où ce compte existe depuis 1974, cela nous permettra de retracer les évolutions de la dépense au Sénégal.

        Les dépenses retenues pour ce compte sont de quatre types:

        ð pour les activités d’enseignement proprement dites ; pour les activités destinées à organiser le système

        d’enseignement comme l’administration générale de l’éducation ou l’orientation scolaire ;

        ð pour les activités et services destinés à faciliter la fréquentation des établissements scolaires comme

        les cantines, les internats ou les transports scolaires ;

        ð entraînées par la fréquentation des établissements comme les achats de livres ou les fournitures scolaires.

        Les activités d’enseignement retenues correspondent à la définition de la Classification Internationale

        Type de l’Education (CITE) mise au point par l’UNESCO:

        Cette définition exclut les simples améliorations de compétences résultant de la pratique et de l’expérience, mais englobe à la fois les activités d’éducation et les activités de formation professionnelle, initiale et

        continue.

        ð Le compte de l’éducation est un compte des institutions de l’éducation.

        ð Les activités retenues correspondent à des cours ou à des stages organisés.

        ð Les actions de formation non institutionnalisées comme celles que peuvent mener des parents

        pour leurs enfants ou des cadres d’entreprises pour leurs ouvriers ou employés n’y sont pas

        comptabilisées.

        ð De la même façon les dépenses de restauration et d’hébergement ne sont incluses dans ce compte que lorsqu’elles sont organisées par les établissements d’enseignements ou des organismes spécialisés.

        Bien sûr ces choix restreignent sensiblement les activités d’éducation et ne s’inscrivent pas tout à fait dans une définition économique. Ce qui nous oblige donc à distinguer les coûts des dépenses.

        La notion de coût pour l’économiste

        Pour l’économiste, le coût d’une action correspond à la valeur de tous les moyens engagés dans cette action et qui, de ce fait, ne peuvent être engagés dans une autre action; c’est ce qu’il appelle le coût d’opportunité. Bien sûr, il prend en compte toutes les dépenses directes, qu’il qualifie de debours (par exemple, achats de manuels scolaires par les familles, rémunérations des enseignants par l’Etat).

        Mais le concept de coût est plus large. Ainsi, l’ouvrier expérimenté qui forme un nouvel ouvrier lui accorde un temps qu’il pourrait consacrer à son activité productive : on peut considérer qu’il a un manque à gagner à produire. De même, l’étudiant qui décide de poursuivre ses études, au lieu d’aller travailler, renonce au salaire qu’il pourrait percevoir ; il subit ainsi un manque à gagner. Le compte de l’éducation répertorie donc des dépenses et non des coûts.

        Les producteurs d’enseignements

        ð les établissements publics (quels que soient le degré concerné et le ministère dont ils dépendent) ;

        ð les établissements privés à financement public prédominant;

        ð les établissements gérés par les organismes consulaires ;

        ð les centres de formation interne ;

        ð les autres producteurs privés d’enseignement ;

        Le compte économique de l’éducation regroupe les quatre types de dépenses en deux grands:

        ð Les dépenses courantes (au sein desquelles sont répertoriées les autres dépenses courantes)

        ð et les dépenses en capital ou en investissement.

        Les dépenses courante ou de fonctionnement comprennent:

        · les rémunérations des salariés et les charges payées par l’employeur,

        · les retraites versées aux anciens personnels du secteur de l’éducation.

        Les dépenses en capital correspondent:

        · aux dépenses qui peuvent être immobilisés en comptabilité: construction, grosse réparation, gros

        matériel.

        La totalité de la dépense est comptabilisée l’année où elle a été effectuée.

        Les dépenses publiques d’éducation au Sénégal

        L'objectif de l'organisation du financement public est d'essayer de diminuer les contraintes de ressources

        auxquelles sont confrontés les ménages les plus pauvres.

        Dans cette partie:

        ð l'évolution du financement total de l'Etat,

        ð les dépenses de fonctionnement de l'éducation,

        ð la distribution des dépenses d'éducation dans les dépenses totales de l'Etat,

        ð la distribution en pourcentage des dépenses d'éducation dans les dépenses d'investissement de l'Etat,

        ð les dépenses publiques par élève ou étudiant,

        ð la distribution en pourcentage des dépenses publiques de fonctionnement pour l'éducation par niveau.

        ð Il faut aussi les mettre en rapport avec des agrégats de l'économie. L'agrégat généralement utilisé est le produit

        intérieur brut (PIB) qui mesure la valeur de tous les biens et services produits pendant une année donnée.

        Dans ce cadre, nous parlons de l'effort d'ensemble en faveur de l'éducation.

        · Les ressources publiques allouées à l'éducation au Sénégal

        Les ressources mobilisées en faveur de l'éducation sont globalement financées par des moyens ou ressources

        publiques au Sénégal, comme dans la plupart des pays du monde. Il s'agit de voir dans cette partie l'évolution

        des dépenses publiques allouées à l'éducation (voir graphique).

         

        Dépenses publiques totales pour l'éducation en pourcentage du PIB

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        Les dépenses publiques totales pour l'éducation en pourcentage du produit intérieur brut sont un indicateur qui

        détermine la proportion de la richesse produite par le pays durant l'exercice budgétaire donné que l'Etat consacre

        à l'éducation.

        Méthode de calcul:

        Cet indicateur (part des dépenses publiques de l'éducation dans le PIB durant l'exercice budgétaire t (%DPIB) se calcule, si les dépenses publiques totales de l'éducation durant l'exercice budgétaire t sont données par DPEt, et le produit intérieur brut par PIBt, de la manière suivante:

        Interprétation : Si les dépenses publiques de l’éducation sont élevées en proportion du PIB, cela montre que les autorités accordent une grande priorité à l’investissement dans l’éducation, et inversement.

        Application : On suppose que les dépenses publiques de l’éducation sont de 1000 F CFA dans un pays X et que le produit intérieur brut est égal à 2000. Calculer la part des DPE dans le PIB du pays et interpréter le résultat obtenu.

        Le tableau suivant et la courbe permettent de mettre en exergue les efforts de l'Etat pour l'éducation de 2003 à 2007.

        Tableau : Evolution des dépenses publiques d'éducation (DPE) en % du PIB

        La distribution des dépenses d'éducation dans les dépenses totales de l'Etat : l’effort public en faveur de l’éducation

         

        Définition : L'ensemble des dépenses (de fonctionnement et en capital) consacrées à l'éducation, exprimé en

        pourcentage des dépenses totales du gouvernement durant une année donnée.

        Objet : Évaluer la priorité accordée à l’éducation par les gouvernements par rapport à la valeur perçue d’autres domaines de l’action publique. Cet indicateur montre également l’engagement du gouvernement quant à l’investissent dans le développement du capital humain.

        Méthode de calcul : Diviser les dépenses publiques totales de l’éducation d’un exercice budgétaire donné, tous ministères et services publics confondus, par les dépenses publiques totales du même exercice budgétaire, puis multiplier le résultat par 100.

        Interprétation : Si les dépenses publiques de l’éducation sont élevées par comparaison avec celles d’autres domaines de l’action publique, cela montre que les gouvernements accordent à l’éducation une grande priorité par rapport à d’autres investissements, notamment dans des matières en rapport avec la défense et la sécurité, les soins de santé, la sécurité sociale du chômage, les régimes de retraite et d’autres domaines économiques ou sociaux.

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        Les dépenses publiques de fonctionnement de l'éducation

        Concernant ces dépenses, elles ont augmenté. Leur taux de croissance régulier annuel s'établit à 12,4%. Elles sont de 225 milliards en 2007 contrairement à 2000 où elles étaient de 125 milliards. Le tableau suivant illustre l'évolution de ces dépenses de 2000 à 2007.

        La distribution en pourcentage des dépenses d'éducation dans les dépenses d'investissement de l'Etat

        Il est aussi important de préciser la part de l'éducation dans les dépenses d'investissement de l'Etat à travers le graphique qui vient ci après.

        Figure 4: Evolution de la part des dépenses d'éducation dans les dépenses d'investissement de l'Etat de 2000 à 2008.

         

        • Dépenses publiques de fonctionnement par élève (étudiant) en pourcentage du revenu national brut (RNB) par

        habitant.

        Définition : Les dépenses publiques de fonctionnement par élève (ou étudiant) à chaque niveau d’enseignement, exprimées en pourcentage du Revenu National Brut (RNB) par habitant, pour un exercice financier donné.

        Objet : Mesurer le coût moyen d’un élève par rapport au RNB par habitant du pays. Il permet d’évaluer le niveau d’engagement du pays quant à l’investissent dans le développement du capital humain. Calculé par niveau d’éducation, cet indicateur montre l’importance relative accordée à un niveau d’enseignement particulier.

        Il peut également être calculé sur la base du produit intérieur brut (PIB).

        : Diviser le montant des dépenses publiques de fonctionnement par élève pour chaque niveau d’enseignement au cours d’une année donnée par le RNB par habitant pour la même année et multiplier par 100.

        FORMULE

        Avec:

        CU: Coût unitaire par élève

        DP: Dépenses publiques totales

        TI: Total inscrits

        PIB: produit intérieur brut

        P: population

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        •La distribution des dépenses publiques de fonctionnement pour l'éducation par niveau en pourcentage des dépenses publiques totales de fonctionnement de tous les niveaux.

        Définition: Dépenses publiques de fonctionnement à chaque niveau d'enseignement, exprimées en pourcentage

        de l'ensemble des dépenses publiques de fonctionnement pour l'éducation.

        Objet: Montrer la ventilation des dépenses de l’éducation entre les divers niveaux d’enseignement. Il dénote la priorité relative que les pouvoirs publics accordent à chaque niveau d’enseignement dans le budget public total de l’éducation.

        Méthode de calcul: Diviser les dépenses publiques de fonctionnement de chaque niveau d’enseignement par les dépenses publiques totales de fonctionnement de l’éducation, puis multiplier les résultats par 100.

        Interprétation : Si un niveau d’enseignement donné bénéficie d’une part relativement importante des dépenses de fonctionnement, cela signifie qu’il est jugé prioritaire dans la politique nationale de l’éducation et dans les choix budgétaires. Lors de l’interprétation de cet indicateur, il convient de tenir compte de la répartition des effectifs entre les niveaux d’enseignement et de déterminer les dépenses relatives de fonctionnement par élève ou étudiant.

        Les fonctions de dépenses et de coûts

        Seront distinguées ici les approches macro et microéconomique, avant de considérer les concepts de coûts moyen, marginal et d’économie d’échelle.

        L’approche macroéconomique

        Cette approche permet de mieux comprendre les interrelations entre les paramètres importants pour déterminer

        l’effort national en faveur de l’éducation.

        Si on considère les données suivantes :

        Ä Les dépenses en faveur de l’éducation : ED ;

        Ä Le produit intérieur brut : PÏB ;

        Ä La population totale POP

        Ä Le nombre de jeunes à scolariser : NJ ;

        Ä Le nombre de jeunes élèves et étudiants NE ;

        On peut décomposer ainsi l’effort national en faveur de l’éducation :

         

         

         

         

         


        Les dépenses ED sont une fonction :

        • de la dépense moyenne par élève (ED/NE) ;

        • Taux de scolarisation (NE/NJ) ;

        • Part des jeunes dans la population (NJ/POP) ;

        • PIB par habitant (PIB/POP).

        Elles représentent une part d’autant plus importante du PIB que la dépenses moyenne par élève sera élevée, que le taux de scolarisation sera élevé, que la part des jeunes dans la population sera élevée, que le produit intérieur brut par habitant sera faible (POP/PIB élevé).

        On saisit à travers cette identité le dilemme dans lequel se trouvent les pays les moins développés, qui ont à la fois une part importante de jeunes à scolariser et un PIB faible. Pour limiter la part du PIB consacrée à l’éducation, la seule variable d’ajustement est la dépense par élève. Il n’est pas étonnant que les dépenses par élève dans ces pays soient très faible et permettent rarement un enseignement de qualité. A l’inverse, un pays comme la France a pu au cours des années récentes, profiter de la baisse du nombre de jeunes à scolariser pour accroître la dépense par élève.

        Application : soit le tableau suivant :

        Calculer la dépense moyenne par élève, le taux de scolarisation, la part des jeunes dans la population et le PIB par habitant.

        Source : Ces données sont tirées du compte de l’éducation et des données de l’INSEE

        Les résultats des calculs sont dans le tableau suivant :

        12

        Tableau 3 :

         

        Tableau 13:

        Variables

        Années

        ED/PIB

        ED/NE

        NE/NJ

        NJ/POP

        POP/PIB

        1980

        5,3

        3892

        0,639

        35,8

        1/18231

        2004

        6,2

        6812

        0,857

        28,9

        1/27047

         

        Le contexte démographique représente en effet un élément essentiel à prendre en compte dans les questions d’investissement en éducation. Dans cette illustration numérique, il apparaît que l’effort de la France en matière d’éducation s’est accru de 1980 à 2004, si l’on se rapporte à la part des dépenses d’éducation sur le PIB, de 5,3 à 6,2%. Cette hausse traduit une très forte augmentation de la dépense par élève ( de 75%) et une élévation du poids de la population scolarisée dans la population totale (de 22,9% à 24,8%), correspondant elle-même à un accroissement du taux de scolarisation de (0,639 à 0,857) et à une baisse de la part de jeunes dans la population totale. Les éléments poussant à l’augmentation de l’effort ont été partiellement compensés par un accroissement du PIB par tête (48%).

        L’approche microéconomique

        Cette approche met en valeur les paramètres essentiels dans la détermination de la dépenses par élève. On définit

        les paramètres suivants :

        • ED : la dépense d’éducation

        • NE : le nombre d’élèves

        • MSE : la masse salariale des rémunérations des enseignants ;

        • MSNE : la masse salariale des rémunérations du personnel non enseignant ;

        • DF : les dépenses de fonctionnement autres que de personnel

        • DK : les dépenses en capital ;

        • NP : le nombre d’enseignant ;

        • NHP : le nombre de cours dispensés par un enseignant (service normal) ;

        • NHE : le nombre de cours suivis par les élèves.

        La dépense par élève peut être décomposée de la manière suivante :

         

         

         


        Si l’on s’intéresse aux dépenses unitaires relatives aux salaires des enseignants, on peut écrire :

         


        (2)

         

        Notons SM le salaire moyen, C le nombre de classes et TC la taille des classes :

         

         

         

         

         

         


        L’égalité essentielle consiste à écrire que le nombre total d’heures de cours dispensés sur l’ensemble des classes doit être égal au nombre total d’heures de cours reçues par l’ensemble des classes.

         

        NHP*NP = NHE*C                                  (5)

         

        Que l’on peut écrire encore ainsi :

         

         

         


        Comme, d’après (4),                  on peut encore écrire :

         

         

         


        Ou remplacer dans (2)

         

         


                                                                                       (8)

         

        Ce que l’on peut écrire :

         


                                                                               (9)

         

        Soit, en toutes lettres, la dépense en salaires enseignants par élève est égale au salaire moyen des enseignants rapporté à la taille moyenne des classes, multiplié par le nombre d’heures d’enseignant par élève rapporté au nombre d’heures d’enseignant par professeur.

         

        On peut illustrer cette formule à partir d’un exemple numérique, où le coût salarial moyen annuel des enseignants est de 51400, la taille moyenne des classes de 30 élèves, le nombre d’heures par élève de 35 heures, le nombre d’heure par enseignant de 20 heures.

        Calculons le salaire enseignant par élève si le coût salarial moyen annuel des enseignants est de 51400, la taille moyenne des classes de 30 élèves, le nombre d’heures par élève de 35 heures, le nombre d’heure par enseignant de 20 heures.

         

        Formule :

         

         

         

         

        Tableau 6 :

        Salaire moyen

        Taille des classes

        Nombre d’heures par élève

        Nombre heures par enseignant

        Coût salarial enseignant par élève

        51400

        30

        35

        20

        3000

         

        - Si séparément on fait varier de 20% le salaire moyen, passer la taille à 25, augmenter le nombre d’heure par élève à 42 et réduire le nombre d’heure d’enseignant, calculer le salaire enseignant par élève correspondant à chaque situation.

         

        Ø  On fait varier le salaire moyen.

        Le salaire varie de 20%, le nouveau salaire est égal : à (51400 + 51400*20%) = 61800

        D’où le coût le salarial étant de 3600. Voir tableau suivant.

        Tableau 4 :

        Salaire moyen

        Taille des classes

        Nombre d’heures par élève

        Nombre heures par enseignant

        Coût salarial enseignant par élève

        51400

        30

        35

        20

        3000

        61680

        30

        35

        20

        3600

         

        Le coût passe de 300 à 3600.

        Ø  On diminue la taille à 25 élèves, voici le résultat pour le coût salarial :

         

        Tableau 8:

        Salaire moyen

        Taille des classes

        Nombre d’heures par élève

        Nombre heures par enseignant

        Coût salarial enseignant par élève

        51400

        30

        35

        20

        3000

        61680

        30

        35

        20

        3600

        51400

        25

        35

        20

        3600

         

        Le coût augmente par rapport à la situation initiale et passe de 3000 à 3600.

         

        Ø  On augmente le nombre d’heures d’élèves,  voici le résultat pour le coût salarial.

        Tableau 9 :

        Salaire moyen

        Taille des classes

        Nombre d’heures par élève

        Nombre heures par enseignant

        Coût salarial enseignant par élève

        51400

        30

        35

        20

        3000

        61680

        30

        35

        20

        3600

        51400

        25

        35

        20

        3600

        51400

        30

        42

        20

        3600

         

        Le coût augmente par rapport à la situation initiale et passe de 3000 à 3600.

         

        Ø  On diminue le nombre d’heures par enseignant, voici le résultat pour le coût salarial.

        Tableau 10 :

        Salaire moyen

        Taille des classes

        Nombre d’heures par élève

        Nombre heures par enseignant

        Coût salarial enseignant par élève

        51400

        30

        35

        20

        3000

        61680

        30

        35

        20

        3600

        51400

        25

        35

        20

        3600

        51400

        30

        42

        20

        3600

        51400

        30

        35

        16,67

        3600

         

          Le coût augmente par rapport à la situation initiale et passe de 3000 à 3600.

         

         

               - si l’ensemble des paramètres varient en même temps, voici le résultat pour le coût salarial 

        Tableau 11 :

        Salaire moyen

        Taille des classes

        Nombre d’heures par élève

        Nombre heures par enseignant

        Coût salarial enseignant par élève

        51400

        30

        35

        20

        3000

        61680

        30

        35

        20

        3600

        51400

        25

        35

        20

        3600

        51400

        30

        42

        20

        3600

        51400

        30

        35

        16,67

        3600

        61680

        25

        42

        16,67

        6220

         

        Le coût augmente par rapport à la situation initiale et passe de 3000 à 6220.

         

        Ø  Que remarque-t-on après chaque variation ?

         

        Le coût unitaire varie à chaque fois de 20%, si séparément on fait varier de 20% le salaire moyen, passer la taille à 25, augmenter le nombre d’heure par élève à 42 et réduire le nombre d’heure d’enseignant. C’est-à-dire que le coût devient 3000 + 3000*20% = 3600.

         

        Si l’ensemble des quatre paramètres varie, le coût unitaire multiplié par 2,07%. C’est-à-dire que le coût devient : 3000*2,07 = 6220

         

         

         

        ð Si séparément on fait varier de 20% le salaire moyen, passer la taille à 25, augmenter le nombre d’heure par élève à 42 et réduire le nombre d’heure d’enseignant, calculer le salaire enseignant par élève correspondant à chaque situation.

        • On fait varier le salaire moyen.

        Le salaire varie de 20%, le nouveau salaire est égal : à (51400 + 51400*20%) = 61800

        D’où le coût salarial étant de 3600. Il passe de 3000 à 3600 Voir tableau suivant.

        On diminue la taille à 25 élèves, voici le résultat pour le coût salarial :

        15

        Le coût augmente par rapport à la situation initiale et passe de 3000 à 3600.

        • On augmente le nombre d’heures d’élèves, voici le résultat pour le coût salarial.

        Le coût augmente par rapport à la situation initiale et passe de 3000 à 3600.

        •On diminue le nombre d’heures par enseignant, voici le résultat pour le coût salarial.

        Le coût augmente par rapport à la situation initiale et passe de 3000 à 3600.

        • Si l’ensemble des paramètres varient en même temps, voici le résultat pour le coût salarial

        16

        Le coût augmente par rapport à la situation initiale et passe de 3000 à 6220.

        • Que remarque-t-on après chaque variation ?

        Avec ces données de base, le coût unitaire est de

        3000. Il varie à chaque fois de 20%, si séparément on fait varier de 20% le salaire moyen, passer la taille à 25, augmenter le nombre d’heure par élève à 42 et réduire le nombre d’heure d’enseignant. C’est-à-dire que le coût

        devient 3000 + 3000*20%n= 3600.

        Si l’ensemble des quatre paramètres varie, le coût unitaire multiplié par 2,07%. C’est-à-dire que le coût devient

        : 3000*2,07 = 6220

        ð Coût moyen, coût marginal et économies d’échelle

        Sont présentés ici à l’aide d’un exemple numérique les notions de coût moyen, de coût marginal et d’économie

        d’échelle en éducation.

        Le coût moyen est définit comme le coût par élève, appelé aussi coût unitaire. Il est égal au rapport (CT/Nombre

        d’élèves).

        Le coût marginal est la variation du coût total résultant de la production d’une unité supplémentaire, ici l’accueil

        d’un élève supplémentaire. Si CT est le coût total et NE le nombre d’élèves, il se calcule comme suit :

        • On parle d’économie d’échelle quand le moyen ou coût unitaire diminue avec l’accroissement du volume produit

        (le nombre d’élèves). Mais on peut rencontrer aussi des situations de « deséconomie d’échelle » quant le coût

        moyen s’accroit à cause d’une unité produite supplémentaire (d’un élève supplémentaire).

        Nous limitons la présentation ici au cas des coûts directs correspondant à l’éducation offertes par les

        établissements. L’analyse des coûts de l’éducation bénéficie des outils habituels des économistes utilisés pour l’analyse des coûts de production en général.

        On suppose que les coûts d’éducation peuvent être décomposés entre des coûts variables en fonction du nombre d’élèves (jusqu’à un certain seuil). Ainsi, les dépenses de photocopies de cours sont variables, alors que les dépenses de construction d’un amphithéâtre sont variable fixes (dans les limites des capacités d’accueil de l’amphithéâtre).

        APPLICATION:

        Considérons le cas d’une classe où les coûts comprendraient le salaire de l’enseignant et les dépenses

        pédagogiques pour les élèves. Supposons que le coût salarial s’élève à 36000 euros et que les dépenses

        pédagogiques soient de 100 euros par élève. Supposons aussi que l’on double la classe à partir de 30 élèves.

        Calcul des dépenses totales : Dépenses totales = salaire de l’enseignant + dépenses pédagogiques pour les

        élèves

         

        1)      Considérons le cas d’une classe où les coûts comprendraient le salaire de l’enseignant et les dépenses pédagogiques pour les élèves. Supposons que le coût salarial s’élève à 36000 euros et que les dépenses pédagogiques soient de 100 euros par élève. Compléter le tableau suivant.

        Coûts total = salaire de l’enseignant + dépenses pédagogiques pour les élèves

        Pour 1 élève : coûts = 36000 + 100 = 36100 ; (100 = 1*100)

        Deux élève : coûts = 36000 + 200 = 36200 ; (200 = 2*100)

        …..

        Pour 30 élèves : coûts = 36000 + 3000 = 39000 ; (3000 = 30*100)

        Voir  le tableau suivant :

         

         

        Tableau 15:

        Nombre d’élèves

        Coûts total

        1

        36100

        2

        36200

        3

        36300

        4

        36400

        5

        36500

        6

        36600

        7

        36700

        8

        36800

        9

        36900

        10

        37000

        11

        37100

        12

        37200

        13

        37300

        14

        37400

        15

        37500

        16

        37600

        17

        37700

        18

        37800

        19

        37900

        20

        38000

        21

        38100

        22

        38200

        23

        38300

        24

        38400

        25

        38500

        26

        38600

        27

        38700

        28

        38800

        29

        38900

        30

        39000

        2)      Calculer des coûts moyens et des coûts marginaux.

        Coûts moyen (CM) = CT/Q,  avec Q étant le nombre d’élèves.

        Pour 1 élève : CM = 36100/1 = 36100

        Deux élève : CM = 36200/2 = 18100

        …..

        Pour 30 élèves : CM= 39000/30 = 1300

         

        Coût marginal (Cm) =       =  (CT2 – CT1)/ (NE2 – NE1)

         

        Pour 1  (Cm) = (36200-36100) / (2-1) = 100

        Pour 2  (Cm) = (36300-36200) / (3-2) = 100

         

        Pour 30  (Cm) = (39000-38900) / (30-29) = 100

         

        Les calculs des CM et des coûts marginaux donnent le tableau suivant :

         

         

         

         

         

         

         

         

         

         

         

         

         

         

         

         

         

         

         

        Tableau 13 :

        Nombre d’élèves

        Coûts total

        Coût moyen

        Coût marginal

        1

        36100

        36100

         

        2

         

        36200

        18100

        100

        3

        36300

        12100

        100

        4

        36400

        9100

        100

        5

        36500

        7300

        100

        6

        36600

        6100

        100

        7

        36700

        5243

        100

        8

        36800

        4600

        100

        9

        36900

        4100

        100

        10

        37000

        3700

        100

        11

        37100

        3373

        100

        12

        37200

        3100

        100

        13

        37300

        2869

        100

        14

        37400

        2671

        100

        15

        37500

        2500

        100

        16

        37600

        2350

        100

        17

        37700

        2218

        100

        18

        37800

        2100

        100

        19

        37900

        1995

        100

        20

        38000

        1900

        100

        21

        38100

        1814

        100

        22

        38200

        1736

        100

        23

        38300

        1665

        100

        24

        38400

        1600

        100

        25

        38500

        1540

        100

        26

        38600

        1485

        100

        27

        38700

        1433

        100

        28

        38800

        1386

        100

        29

        38900

        1341

        100

        30

        39000

        1300

        100

        1)      Supposons aussi que l’on double la classe à partir de 30 élèves.

         

        -          Compléter le tableau.

         

        Pour 1 élève : coûts = 36000 + 100 = 36100 ; (100 = 1*100)

        Pour 30 élèves : coûts = 3600 + 3000 = 39000 ; (3000 = 30*100)

        Pour 31 élèves : coûts = (36000*2) + 31* 100 = 72000 + 3100 = 75100

        Pour 32 élèves : coûts = (36000*2) + 32*100 = 72000 + 3200 = 75200

        Pour 33 élèves : coûts = (36000*2) + 33*100 = 72000 + 3300 = 75300

        ….

        Pour 59 : coûts = (36000*2) + 59*100 = 72000 + 5900 = 77900

        Pour 60 élèves : coûts = (36000*2) + 60*100 = 72000 + 6000 = 78000

         

        Pour 30 élèves : CM= 39000/30 = 1300

         

        Pour 31 élèves : CM= 75100/31 = 1300 = 2423

         

        Pour 33 élèves : CM= 75300/33 = 1300 = 2282

         

        Pour 31  (Cm) = (75100-39000) / (31-30) = 36100

         

        Pour 33  (Cm) = (75300-75200) / (33-32) = 100

         

        Pour 60  (Cm) = (78000-77900) / (60-59) = 100

         

        D’où le tableau suivant :

         

         

         

         

         

         

         

         

        Tableau 17 :

        Nombre d’élèves

        Coûts total

        Coût moyen

        Coût marginal

        1

        36100

        36100

         

        2

        36200

        18100

        100

        3

        36300

        12100

        100

        4

        36400

        9100

        100

        5

        36500

        7300

        100

        6

        36600

        6100

        100

        7

        36700

        5243

        100

        8

        36800

        4600

        100

        9

        36900

        4100

        100

        10

        37000

        3700

        100

        11

        37100

        3373

        100

        12

        37200

        3100

        100

        13

        37300

        2869

        100

        14

        37400

        2671

        100

        15

        37500

        2500

        100

        16

        37600

        2350

        100

        17

        37700

        2218

        100

        18

        37800

        2100

        100

        19

        37900

        1995

        100

        20

        38000

        1900

        100

        21

        38100

        1814

        100

        22

        38200

        1736

        100

        23

        38300

        1665

        100

        24

        38400

        1600

        100

        25

        38500

        1540

        100

        26

        38600

        1485

        100

        27

        38700

        1433

        100

        28

        38800

        1386

        100

        29

        38900

        1341

        100

        30

        39000

        1300

        100

        31

        75100

        2423

        36100

        32

        75200

        2350

        100

        33

        75300

        2282

        100

         

         

         

        Analyse.

        Dans notre exemple, le coût moyen va varier de 36100 euros si la classe ne compte qu’un élève à 1300 quand elle compte 30 élèves.

        Le coût marginal sera de 100 sur l’intervalle 1 élève – 30 élèves.

        Le dépassement du seuil de 30 élèves conduit à recruter un enseignant supplémentaire (on suppose ici que l’écoledispose de locaux disponible et on ne prend pas en compte le coût de construction).

        Les coûts croissent brutalement, le coût total de 39000 à 75100 euros, le coût moyen de 1300 à 2423 et le coût marginal de 100 à 36100 euros.

        Alors que le coût total va continuer à croître au rythme de 100 euros supplémentaires par élève, le coût moyen va diminuer au fur et à mesure que le nombre d’élèves va s’accroître et le coût marginal restera de 100 euros. Et ainsi jusqu’au prochain seuil de soixante élèves, où une classe supplémentaire devra ouvrir.

        On bénéficie donc d’une économie d’échelle à chaque fois que l’on accueille un élève dans la classe (le coût marginal constant et coût moyen diminuant).

        Mais on subira une deséconomie d’échelle à chaque dépassement du seuil de 30 élèves (le coût moyen augmentant).

        Qui finance l’éducation ?

        Le financement de l’éducation n’est pas une question triviale (banale, évidente), à laquelle

        l’économiste devrait répondre d’emblée que le droit à l’éducation suppose sa prise en charge intégrale par la collectivité. En dehors du fait que le financement public peut être opéré par les agents (comme le ministère de l’éducation ou les collectivités locales), il n’impose pas d’emblée que l’éducation soit dispensée par un établissement public. Ainsi l’Etat peut fournir aux parents des bons d’éducation, pour envoyer leurs enfants dans l’école de leur choix, qu’elle soit publique ou privé. Le prix Nobel d’économie Milton Friedman[1] est à l’origine de cette idée.

        Le Chili ou certains Etats des Etats –Unis (rechercher) y recourent.

        ð Les principaux financiers et l’évolution de leur part

        Le fait que l’éducation soit universelle et le fait qu’elle soit un bien public selon la constitution de la République du Sénégal ont conduit à la prise en charge publique du financement de l’éducation. Mais cette prise en charge publique ne signifie pas nécessairement financement par l’Etat, même s’il doit se présenter comme le premier financier de l'éducation. Au Sénégal, les collectivités locales se sont trouvées mises à contribution.

        Il est couramment admis que la puissance publique, généralement l’Etat, participe au financement de l’éducation pour plusieurs raisons :

        Présence des effets externes positifs : Il y a effet externe, ou externalité, lors l’action d’un individu se répercute sur le bien-être d’autres individus sans que cela passe par un système des prix ou des droits de propriété. On distingue des effets externes négatifs (quand par exemple de nombreux salariés quittent en même temps leur travail pour regagner leur domicile au plus vite et se retrouvent bloqués dans les embouteillages que leur afflux a provoqués), et des effets externes positifs, qui sont ceux qui nous intéresse davantage ici.

        En situation d’effets externes positifs, la satisfaction totale que retirent les individus de leurs actes est inférieure à la satisfaction dont bénéficie l’ensemble de la population.

        Par exemple, un agriculteur éduqué sera plus apte d’adopter de nouveaux modes De cultures, mais il pourra être imité par des agriculteurs moins éduqués.

        L’ensemble de la production bénéficiera de l’éducation du premier et non pas seulement de sa production.

        L’imperfection de l’information concerne notamment les étudiants potentiels, qui sont souvent incapable de mesurer avec précision les avantages qu’ils pourront tirer de leur formation. En effet, ces avantages sont aléatoires et dépendent de l’évolution de la conjoncture globale et du comportement des autres individus.

        L’existence d’un risque peut les faires renoncer et conduire à un sous- investissement. (ex : beaucoup d’entre vous ne connaissent pas et ne trouvent pas d’informations nécessaires pour savoir s’ils trouveront un travail au sortir de cette formation. Supposons que cette formation était payante. Le manque d’information pourrait vous dissuader de ne pas s’investir. Pour éviter cela, il faudrait que l’Etat finance la formation.

        • Dans le cas où les études seraient financées par un marché du crédit concurrentiel, un étudiant pauvre risque de

        se heurter à la mauvaise volonté des banques pour trois raisons :

        ü il ne peut aisément convaincre que ses talents justifient l’investissement;

        ü même si ses talents sont avérés, sa solvabilité ultérieure n’est pas garantie;

        ü et enfin il ne peut offrir un montant suffisant de garanties au moment de l’obtention du prêt potentiel. Le capital humain est intrinsèque à l’individu, mais l’esclavage est interdit, ce qui implique que l’emprunteur ne peut pas hypothéquer sa propre personne.

        Ces trois arguments ne justifient pas un financement public intégral, car il s’agit avant tout de corriger certains défauts du marché et non pas de remplacer. D’autres arguments viennent à l’inverse défendre l’idée du financement du privé de l’éducation.

        • Le principal, sur lequel nous reviendrons ultérieurement, est celui de la théorie du capital humain selon laquelle l’éducation apporte généralement des bénéfices monétaires ultérieurs à celui qui l’a reçue, sous la forme d’un salaire plus élevé que celui de l’individu moins éduqué.

        Dans ce cas il peut paraître normal que le bénéficiaire de l’éducation participe à son financement.

        • Un deuxième argument est celui du ticket modérateur. Les économistes retiennent l’idée que, lors qu’un

        bien est gratuit, les consommateurs en font un usage immodéré. Donner un prix à l’éducation, c’est inciter les

        étudiants à choisir une filière en accord avec leurs potentialités et à ne pas musarder (se balader, s’attarder, errer,

        traîner) pendant leurs études.

        D’autres arguments peuvent être avancés sur lesquels nous ne nous attarderons pas ici (rendre les

        consommateurs d’éducation plus exigeant sur la qualité, renforcer les capacités d’autonomie des

        établissements scolaires...).

         

        La position retenue par la majorité des économistes à partir des années 1960 consistait donc à traiter la question

        du financement de l’éducation sous l’angle de marché. Néanmoins, l’éducation remplit des fonctions sociales

        qui échappent pour partie à l’approche économique traditionnelle et qui justifient son financement par l’Etat.

        Il en est ainsi par exemple de la volonté d’unification nationale à travers l’école, que la France a connu au cours du

        XIXe ou que connaissent encore de nombreux pays en développement.

        Le statut philosophique et légal de l’éducation a également des implications sur son financement. Ainsi, l’article

        26 de la Déclaration universelle des droits de l’homme (1948) stipule que « toute personne a droit à l’éducation.

        L’éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l’enseignement élémentaire et fondamental. » Mais la gratuité signifie uniquement que le bénéficiaire ne paie pas pour le service et non pas que le service n’a pas de coût. Lorsque le principe de gratuité est retenu, les autorités publiques, représentant la collectivité, doivent assurer le financement. Restent à savoir qui sont ces autorités.

        ð La part des principaux financiers de l'éducation au Sénégal

        Les principaux financiers de l’éducation au Sénégal sont l’Etat, les partenaires techniques financiers (PTF), les ménages et les collectivités locales.

        Leurs principales contributions constituent ce qu’on appelle l’effort d’ensemble. Le tableau suivant indique la contribution en valeur par bailleur.

        Tableau 3: Contribution en valeur des bailleurs

        Analyse du tableau:

        Au Sénégal, l’Etat est le principal financier « initial » des activités de production, puisqu’il en assure en 2007 84%.

        Nous saluons cette importance accordée au financement puisqu'il contribue à plus de 80% du budget de l'éducation. Cette prépondérance tient notamment au poids que représentent les personnels rémunérés de l’Etat.

        Au sein de ce dernier, c’est bien entendu le ministère de l’éducation nationale qui joue le rôle principal.

        Nous avons ensuite les ménages qui sont les seconds contributeurs car leurs dépenses représentent 10% du volume total des ressources. Les PTF viennent en 3ème position.

        Leur part n'atteignant que 5% en 2007, contre 9% en 2006. Autant dire que leur contribution s'est détériorée de façon significative. Les collectivités locales participent moins à l'effort.

        Elles occupent la dernière position avec un taux de 1% en 2007. Même si les efforts importants ont été accomplis par les différents financiers de l'éducation, ces ressources sont encore insuffisantes pour atteindre en priorité l'objectif majeur de scolarisation universelle pour tous et de qualité en l'an 2015.

         


      • Section 4

        • Section 5